Administration : Le flou continue

Administration : Le flou continue

Dès lundi prochain, les Administrations publiques adopteront l’horaire continu comme cela a été décidé par le gouvernement et approuvé par Sa Majesté le Roi. Du lundi au vendredi, les fonctionnaires devront être à leurs postes de 08h30 à 16h30 avec une pause-déjeuner de 30 minutes du lundi à jeudi. Pour le vendredi, cette pause est «valorisée» de 60 minutes pour mieux faciliter la tâche à ceux parmi les fonctionnaires qui se rendent aux mosquées.
Toutefois, et contrairement à ce qui a été annoncé auparavant, ce passage à l’horaire continu ne sera pas accompagné par un passage à l’heure d’été prévu également à la date du 4 juillet. Plusieurs sources au ministère de la Modernisation des secteurs publics ont confirmé à ALM que cette autre option a été délaissée sans fournir de raisons au moment où plusieurs autres sources avancent divers motifs.
Le passage à GMT+1 serait synonyme en effet d’autres tracas qui pourraient entraver les mesures relatives à l’horaire continu. Le gouvernement aurait ainsi, en l’absence d’arguments officiels, voulu se limiter à l’horaire continu pour une meilleure évaluation de ses retombées et ses problèmes, plutôt que de se retrouver en face de tracas supplémentaires qu’engendrerait le passage, simultanément, à l’heure d’été et à la journée de travail « indivisible ».
Le passage donc à GMT+1 est reporté à l’année prochaine et éventuellement une entrée en vigueur en mars 2006.
Auparavant, le gouvernement avait affirmé que la décision, aujourd’hui abandonnée, de passer à GMT+1 était motivée par la réduction du décalage horaire entre le Maroc et ses partenaires européens, mais aussi par la recherche de meilleures conditions pour les échanges et transactions commerciaux avec l’étranger. L’ouverture et la fermeture des marchés boursiers étaient avancées comme arguments des plus solides.
Pour le passage à l’horaire continu, le gouvernement compte mieux maîtriser les dépenses, jugées excessives, de gestion des administrations, résoudre la problématique de la circulation aux heures de pointe, mais aussi lutter contre la pollution et amener les gens à s’installer hors des villes. Se basant sur des données chiffrées, le gouvernement espère réaliser une économie d’énergie de l’ordre de 0,8 % de la demande nationale annuelle. Les Administrations publiques pourraient aussi devenir moins budgétivores puisqu’il est espéré qu’elles réduisent de 15 % leur consommation en électricité, de 10% celle de carburant et lubrifiants, économiser 5 % sur le chauffage et épargner 10% en factures d’eau et de téléphone. Pour accompagner cette mesure, le MMSP avait lancé un sondage qui avait concerné près de 2.000 fonctionnaires de divers établissements publics et qui se sont prononcés, à raison de 85,5 % en faveur de l’adoption de l’horaire continu contre 11 % qui étaient d’un avis contraire.
Le passage à cet horaire s’accompagne d’autres mesures pour lutter contre l’absentéisme.
Il s’agit, comme c’est en vigueur désormais, du système des attestations collectives de présence effective. Ces attestations permettront de débusquer les fonctionnaires fantômes qui se verront privés de salaires si leurs chefs hiérarchiques ne fournissent pas, dans un délai de trois mois, de raisons pour l’absence de leurs noms sur ces attestations. Ce système est adopté pour le moment avec une fréquence de deux attestations collectives annuelles (juin et décembre) adressées au SOM avec une possible extension dans les années à venir. Le gouvernement réfléchit également à d’autres méthodes pour lutter contre les absences injustifiées et les retards. Il s’agit d’un système de pointage dont les modalités n’ont pas encore été arrêtées. Toutefois, des « zones d’ombre » continuent de poser problème pour les centaines de milliers de fonctionnaires. Il s’agit notamment de la restauration même si des sources avancent que le gouvernement opte pour des contrats avec le privé pour s’occuper de cet aspect. Avec la rentrée scolaire, ce sont d’autres problèmes qui surgiront étant donné que l’horaire continu ne concerne pas les établissements scolaires et universitaires publics.

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