Affaire Charkaoui : La requête des avocats

Les avocats ont fait valoir que le Service canadien des renseignements de sécurité (SCRS) avait détruit des éléments de preuve. Ces éléments que la défense qualifie de « preuves avantageuses » pour Charkaoui, concernent les notes de deux entretiens entre des agents du SCRS et Charkaoui qui ont été réalisés les 31 janvier et 2 février 2002. Lors de ces entretiens, les services secrets canadiens avaient fait part à Charkaoui que le terroriste d’origine algérienne Ahmed Ressam l’avait identifié, sur une photographie, comme étant une des recrues d’Al-Qaida qu’il aurait aperçues dans les camps d’entraînement en Afghanistan. Allégations que Charkaoui ne cesse de nier, mais il reconnaît cependant avoir séjourné au Pakistan, sans préciser ses activités lors de ce séjour.
Selon un avocat du ministère de la justice, les services de renseignement sont l’habitude de détruire les notes d’interrogations après la rédaction du rapport basé sur ces notes. En qualifiant d’inacceptable la destruction de ces notes, le magistrat en charge du dossier, le juge Simon Noël, doit entendre les arguments des deux parties, la défense de Charkaoui et les représentants du SRCS, mardi prochain. Charkaoui, qui vit au Canada depuis 1995, est détenu depuis mai 2003 en vertu d’un « certificat de sécurité ».
Le SRCS le soupçonne d’être un « agent dormant » d’Al-Qaïda au Canada. Remettant en question la procédure du certificat de sécurité qui permet aux autorités canadiennes de détenir des personnes suspectées d’être une menace pour la sécurité du pays sans avoir à divulguer publiquement la preuve, la défense de Charkaoui demande la révision judiciaire de cette procédure et l’affaire sera entendue par la Cour fédérale du 21 au 25 février prochain.

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