Affaire du concombre espagnol : La recherche de la bactérie mortelle reprend à zéro

Affaire du concombre espagnol : La recherche de la bactérie
mortelle reprend à zéro

Les recherches ont repris à zéro mercredi, après avoir suivi la piste des légumes espagnols, pour trouver la cause d’une épidémie de diarrhée qui a fait 16 morts et s’étend d’Allemagne à l’Europe. L’Espagne et les Pays-Bas, dont la production de primeurs avait été mise en cause au début de l’épidémie, réclament des compensations de l’Union européenne pour l’effondrement de leurs ventes de légumes. Les autorités sanitaires de Hambourg, grand port du nord de l’Allemagne, ont reconnu mardi avoir fait fausse route après avoir soupçonné des concombres espagnols d’être le vecteur de l’infection. Deux concombres espagnols testés à Hambourg étaient bien porteurs de la bactérie E.coli entero-hémorragique (Eceh, selon l’acronyme français) mais pas de la souche 0104:H4 qui est à l’origine de l’épidémie, ont-elles annoncé. Du coup, l’Espagne envisage de porter plainte contre Hambourg. Les recherches ont repris avec de nouveaux outils pour lutter contre une des plus graves épidémies de ce type jamais observées dans le monde. Elle se manifeste par des hémorragies du système digestif, et dans les cas les plus graves, par des troubles rénaux (syndrome hémolytique et urémique, SHU) qui peuvent être mortels. L’Institut fédéral allemand pour l’évaluation des risques (BfR) a annoncé avoir développé un nouveau test, en coopération avec des chercheurs français de l’Agence nationale de la sécurité sanitaire (Anses), pour détecter la bactérie dans les aliments. «Nous espérons que ce test contribuera à découvrir la source de l’infection à la souche 0104:H4 de la bactérie Ehec et à retirer rapidement du marché les aliments à risque», a déclaré le directeur de l’Institut, le Pr Andreas Hensel, dans un communiqué. L’université de Münster (ouest de l’Allemagne) avait annoncé la veille avoir développé un autre test rapide, qui permet, selon elle, d’identifier la bactérie mortelle dans un délai de quatre à 24 heures. Plus de 1.500 cas confirmés ou suspects ont été signalés dans toute l’Allemagne, en Europe et jusqu’aux Etats-Unis. Tous les malades avaient transité par l’Allemagne. Seize morts ont été signalés par les autorités médicales allemandes et en Suède, où le premier décès en dehors d’Allemagne a été constaté mardi. A Berlin, l’Institut fédéral Robert Koch, chargé de la veille sanitaire, n’avait encore officiellement confirmé mercredi que neuf morts des suites du syndrome SHU. A Hambourg, au cœur de l’épidémie, les autorités sanitaires poursuivent les prélèvements dans les restaurants, les marchés et les magasins pour essayer de trouver les vecteurs de la bactérie. La ville a lancé des appels aux dons de sang. L’Institut Robert Koch maintient ses recommandations contre la consommation de tomates, concombres et salades crues, dont la demande a chuté en Allemagne, premier marché européen. Les producteurs européens de primeurs, à commencer par les Espagnols et les Néerlandais, premiers fournisseurs de l’Allemagne, sont frappés de plein fouet par la baisse des ventes. L’Espagne et les Pays-Bas ont demandé des mesures de soutien aux producteurs. Le commissaire européen à l’agriculture, Dacian Ciolos, a promis d’«essayer d’utiliser toutes les marges d’action» dont il dispose pour leur venir en aide, tout en reconnaissant qu’elles étaient limitées. Le ministre espagnol de l’Intérieur, Alfredo Perez Rubalcaba, a déclaré, mercredi, que son gouvernement n’écartait pas «des actions contre les autorités (de Hambourg) qui ont mis en cause la qualité de nos produits».

 Bactérie Escherichia coli enterohémorragique (ECEH)
L’origine de l’épidémie bactérienne qui sévit actuellement en Allemagne demeure inconnue. Des concombres espagnols ne sont pas en cause dans l’épidémie d’infections à Escherichia coli .Celle-ci est une bactérie fréquente du tube digestif de l’homme et des animaux à sang chaud. La plupart des souches de E. coli sont sans danger. Cependant, certaines souches, comme les souches entérohémorragiques (ECEH), peuvent être à l’origine de toxi-infections alimentaires (TIA) graves. La transmission à l’homme se fait par la consommation d’aliments contaminés, viande hachée crue ou mal cuite et lait cru par exemple. Les symptômes des maladies provoqués par ECEH sont notamment des crampes abdominales et des diarrhées susceptibles d’évoluer vers des diarrhées sanglantes (colite hémorragique). La fièvre et les vomissements peuvent également s’observer. Dans la plupart des cas la guérison s’obtient dans les 10 jours, mais chez un petit nombre de patients (en particulier le jeune enfant et la personne âgée), l’infection peut conduire à une affection mortelle comme le syndrome hémolytique-urémique. Celui-ci est caractérisé par une défaillance rénale aiguë, une anémie hémolytique et une thrombopénie. Dans 63 à 85% des cas, l’exposition à l’agent pathogène est alimentaire.

 Patrick Rahir (AFP)

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