Affaire Inezgane: Les Marocains manifestent au nom de «la robe»

Affaire Inezgane: Les Marocains manifestent au nom de «la robe»

Selon la  Fédération de la Ligue démocratique des droits des femmes (FLDDF), ils étaient plus de 500 à être présents au sit-in à Casablanca. Sous le slogan «Mettre une robe n’est pas un crime», des hommes n’ont pas hésité à porter des jupes pour protester contre l’injustice dont ont été victimes les deux jeunes filles. Rappelons qu’elles ont été interpellées le 16 juin dernier dans un marché à Inezgane alors qu’elles se promenaient en robe.

Victimes de harcèlement, elles ont d’abord été secourues par les forces de l’ordre, avant d’être conduites au commissariat où elles ont dû signer des aveux. Le parquet général du tribunal de 1ère instance d’Inezgane avait décidé de poursuivre les 2 jeunes femmes pour leur tenue vestimentaire, «après que des individus les eurent traquées et fait pression sur les autorités qui les ont arrêtées durant 24 heures et leur ont dressé un PV», indique la FLDDF. La 1 ère audience aura lieu le 6 juillet prochain. La FLDDF a exprimé sa disposition à accompagner les 2 jeunes filles et à les soutenir devant la justice. Accusées «d’outrage à la pudeur», elles risquent de 1 mois à 2 ans de prison. En effet, l’article 483 du code pénal dispose que «Quiconque, par son état de nudité volontaire ou par l’obscénité de ses gestes ou de ses actes, commet un outrage public à la pudeur est puni de l’emprisonnement d’un mois à deux ans et d’une amende de 120 à 500 dirhams».

Pour la FLLDF, la poursuite de ces deux jeunes femmes constitue une grave atteinte aux droits et libertés individuelles des femmes. «Cette affaire témoigne d’une régression des libertés et d’une recrudescence de la violence à l’encontre des femmes au Maroc», déplore Bouchra Abdou, membre de la FLDDF. Dans un communiqué, la Fédération  condamne fermement cet acte en soulignant que «la tenue vestimentaire des femmes et des filles marocaines a toujours été adaptée, ouverte et appropriée, dans sa forme et son contenu, à la société».

Selon Mme Abdou, «Ces faits  sont en contradiction avec la Constitution de 2011 qui consacre nombre de droits et de libertés individuelles et interdit toute forme de discrimination entre les hommes et les femmes». Dans cette affaire, la Fédération a exprimé son étonnement suite à l’intervention des autorités sécuritaires qui, au lieu de procéder à l’arrestation des agresseurs et des agitateurs qui ont porté atteinte à la dignité des deux jeunes filles, ont arrêté et poursuivi ces dernières. La FLDDF appelle toutes les parties concernées   à la mobilisation contre ces graves régressions sociétales et  à  la constitution d’une coalition pour dénoncer tous ces aspects et y mettre un terme, en guise d’équité pour les femmes victimes.

Reportage photos de
Chafik Arich

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