Affaire Ouled Ziane : Un amalgame consommé

Affaire Ouled Ziane : Un amalgame consommé

L’existence de souk Hadda, qui porte aujourd’hui le nom de souk Damir remonte aux années 80 lorsqu’il se trouvait sur le territoire de la commune Drissia avant qu’il ne soit transféré, lors de la même époque, aux alentours de la gare routière Ouled Ziane sur le territoire de la commune Bouchentouf (aujourd’hui arrondissement Mers-Sultan).
Depuis l’an 2000, et dans le cadre de la lutte contre les locaux commerciaux anarchiques, les conseils communaux ont été invités à mettre sur pied une vision globale et un programme visant à éradiquer les bidonvilles que ce soit pour l’habitation ou pour les locaux commerciaux. C’est sur cette base que l’ex-conseil communal de Bouchentouf, après avoir avisé les commerçants de souk Damir, a décidé de les transférer provisoirement de leur emplacement face à la gare routière vers un espace vide du quartier Youssoufia.
Les raisons de cette décision étaient largement fondées car le souk en question était derrière un certain nombre de problèmes et de perturbations des habitants du secteur. L’environnement en souffrait, les délinquants y trouvaient un parfait refuge et la sécurité des citoyens devenait menacée, car à côté de la présence de malfrats, le souk hébergeait également quelques groupuscules fondamentalistes radicaux, souvent manipulés pour créer des problèmes à l’encontre de toute solution envisagée par les autorités locales en faveur des commerçants.
D’autant plus que la route Ouled Ziane constitue l’une des plus grandes artères de la capitale économique.
L’ancien emplacement fut ainsi évacué pour céder la place à un espace omnisports qui porte le nom de «Espace Abdellatif Beggar» en mémoire du joueur du Raja qui a perdu la vie lors des sinistrement mémorables attentats du 16 mai. Dans le même ordre des choses, et après l’échec du premier projet (logements et locaux commerciaux) conclu entre la commune de Bouchentouf et la défunte Communauté urbaine, le Conseil élu a décidé de remédier à la situation dans un contexte juridique en sortant un projet qui consiste à héberger les commerçants exerçant à souk Damir dans le cadre d’un accord de partenariat entre le conseil communal de Bouchentouf et la CDG que le Conseil a ratifié lors de sa session ordinaire du 30 avril 2003. L’accord en question fixe le délai d’exécution sur quatre ans. C’est pour cette raison que le Conseil de la commune Bouchentouf a entrepris l’hébergement des commerçants de souk Damir dans une bande immobilière délaissée faisant partie du patrimoine immobilier de la commune et qui constituait un point noir où s’amoncelaient les ordures ménagères.
Le président du Conseil communal a donc autorisé, de façon provisoire, à une entreprise privée (Konifa) de prendre en charge cette mission étant donné que l’entreprise en question est spécialisée dans ce domaine et qu’elle a déjà réalisé des projets similaires dans d’autres communes. A 60 dirhams le mètre carré par trimestre, Konifa paye à la commune environ 698640 dirhams par an conformément à la décision communale du 11 juin 1990 qui fixe la somme des taxes et redevances en faveur du budget de la commune Bouchentouf, et ce pendant une année renouvelable trois fois.
Une fois Konifa a terminé les travaux des locaux provisoires, les services de la commune ont entamé les contacts avec les commerçants de souk Damir afin de passer au transfert. Sauf que les commerçants concernés ont refusé de joindre les locaux considérant que ces derniers étaient bien en deçà de leurs besoins professionnels, et que ce statut de «provisoire » ne cadrait pas tellement avec leurs ambitions. Ils veulent devenir propriétaires de ces locaux ou profiter de façon définitive d’un projet commercial édifié dans leur emplacement actuel à côté de la gare Ouled Ziane.
Toutes les tentatives entreprises pour convaincre les commerçants d’exploiter le souk provisoire se sont avérées vaines. Ce qui a poussé les services sociaux de la commune Bouchentouf, dans la perspective de la lutte contre le phénomène des marchands ambulants et du commerce anarchique, à mettre ces locaux provisoires au profit de la catégorie des marchants ambulants actifs de Derb Soltane ainsi que des personnes handicapées et des membres des familles de la résistance et des chefs de famille dans le besoin.
Le seul problème se situe donc au niveau des commerçants qui ont refusé l’état provisoire du projet et le surnombre des nouveaux prétendants. Aucun lien avec les décisions prises du temps où Slimani était président de la Communauté urbaine. L’octroi du projet par Konifa est survenu particulièrement suite à l’urgence de la situation, d’autant plus que la commune n’est pas dotée des moyens nécessaires pour faire aboutir le projet.

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