Affaire Sakina Yacoubi : La famille de la victime recourt au tribunal pénal

Affaire Sakina Yacoubi : La famille de la victime recourt au tribunal pénal

L’affaire Sakina Yacoubi est encore dans toutes les mémoires. Cette jeune femme de 49 ans qui avait été admise dans une clinique de neurologie à Casablanca pour subir une opération chirurgicale ne s’était jamais réveillée. La première audience en présence des accusés et de la famille de la victime s’est tenue le lundi 23 mai au tribunal de 1 ère instance de Casablanca. «Le procès a été reporté au 21 juillet 2008 pour permettre à la défense des parties de se préparer», indique à ALM, l’avocat de la famille de la victime,  Me Saïd Amehmoul. «Nous réclamons la condamnation des accusés conformément aux dispositions de l’article 432 du code pénal et un dirham symbolique», précise-t-il. Le dossier pénal a été déposé près le tribunal de 1ère instance de Casablanca. L’avocat de la famille Yacoubi rappelle qu’une plainte avait été déposée auprès du procureur du Roi de Casablanca suite au décès de la victime. Le procureur avait alors ordonné une enquête préliminaire. Plusieurs procès-verbaux avaient été établis par la police judiciaire après la convocation de toutes les personnes concernées à savoir les accusés (le médecin et l’anesthésiste) et les ayants droits de la victime. Après étude du dossier, le parquet avait décidé, le 26 février 2006, de classer le dossier invoquant l’absence d’éléments criminels. Me Saïd Amehmoul explique que «la décision du classement relève du pouvoir discrétionnaire du procureur du Roi conformément au principe du droit pénal d’opportunité de la poursuite». Le dossier n’a été rouvert qu’au début de l’année 2008.
Sakina Yacoubi, épouse d’un pharmacien et mère d’une petite fille, était cadre à l’ODEP à Safi. Elle souffrait d’une sciatique. Le 11 novembre 2004, elle s’était présentée au cabinet du Dr. Abdelkarim Houidi pour consultation. Ce dernier lui avait demandé de faire un scanner à la neuroclinique de Casablanca dont il est le directeur. Après examen du scanner, le médecin lui avait affirmé que son état de santé nécessitait une opération urgente sinon elle risquerait de perdre ses membres inférieurs. Accompagnée de son mari, la jeune femme était arrivée à la clinique le 29 novembre pour subir l’opération le jour suivant. Entre-temps, le mari de la défunte avait reçu un appel l’informant que son père avait des problèmes de santé. Il quitta alors sa femme en lui promettant de revenir dès que possible, sachant qu’elle ne devait être opérée que le lendemain. Selon la plainte déposée par l’avocat de la famille à l’époque, Me Mohamed Berrada, du Barreau de Casablanca, le chirurgien, Dr Houidi avait décidé, juste après le départ du mari de changer de programme et de procéder aussitôt à l’opération. Il semblerait que le chirurgien avait un programme chargé le 30 novembre. La même plainte rappelle que la victime avait pris son petit-déjeuner le matin et que, de ce fait, l’opération constituait un danger pour elle. En plus, la clinique n’avait procédé, selon le dossier de la plainte, à aucun des examens pré-opératoires requis dans ce genre d’opérations : ionogramme, électrocardiogramme, glycémie et numérotation de la formule sanguine. Cela n’a pas empêché le médecin de l’opérer. Une intervention chirurgicale qui tourna au drame. Sakina Yacoubi n’y a pas survécu. Cause du décès : «Arrêt cardiaque survenu suite à une fibrillation ventriculaire avec inefficacité circulatoire», avait indiqué le rapport établi par l’anesthésiste. La partie civile précise que si la cause du décès était une fibrillation, la clinique ne disposait pas d’un défibrillateur et que les médecins avaient dû aller le chercher ailleurs, pendant que la défunte était entre la vie et la mort. Selon les spécialistes, Sakina Yacoubi aurait dû en raison de son âge subir obligatoirement un électrocardiogramme avant l’opération, ce qui n’a pas été fait. 
En réponse aux accusations lancées contre lui, le Dr. Houidi avait expliqué que la défunte devait être opérée d’un canal lombaire étroit comme l’attestent les conclusions neuro-radiologiques, après l’échec d’un traitement médical au long cours. Elle avait subi une consultation pré-anesthésique et des examens complémentaires sanguins. Par ailleurs, le médecin avait affirmé que six heures s’étaient écoulées entre la prise d’un café et l’anesthésie et que la clinique disposait d’un défibrillateur cardiaque, en bon état de fonctionnement. Pour lui, il s’agissait d’un accident.  L’affaire est maintenant devant la justice qui jugera de l’existence ou non d’une négligence médicale dans cette affaire. 

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