Afilal-Haïrouf : Le rendez-vous manqué

Afilal-Haïrouf : Le rendez-vous manqué

Abderrazak Afilal est formel. Il n’y a pas eu de confrontation entre lui et Lahcen Haïrouf, l’ancien président de la Commune de Aïn Sebaâ. «La dernière confrontation en date remonte à plus d’un mois. Et je l’ai eu avec Laâfoura lui-même et non pas avec son homme d’ombre. D’ailleurs je ne vois pas pourquoi je dois avoir une quelconque confrontation avec ce type». C’est ainsi que nous a répondu le secrétaire général de l’Union générale des Travailleurs du Maroc (UGTM), sans donner davantage de détails, en réponse à notre question sur le déroulement de leur confrontation devant le juge qui, selon lui, n’a jamais eu lieu. Voilà qui vient démentir une information, parue dans un quotidien arabophone de la place. M. Afilal semble ne plus vouloir entendre parler d’un dossier où il a pourtant été cité à plusieurs reprises.
Ce dossier n’est autre que la tristement célèbre affaire Abdelmoughit Slimani- Abdelaziz Laâfora ( respectivement ex-président de la commune urbaine des Roches Noires et ancien gouverneur de la préfecture d’Aïn-Sebaâ Hay Mohammadi) dont les rebondissements ont touché non seulement les deux hommes forts de la l’ex-Communauté urbaine de Casablanca –passée depuis au statut de Conseil de la ville de Casablanca- mais aussi plusieurs de leurs acolytes. A commencer par Lahcen Haïrouf, successeur de Abderrazak Afilal à la tête de la commune de Aïn Sebaâ et par qui les malheurs de ce dernier sont arrivés. Une affaire dans l’affaire et qui remonte à fin juin 2004, mois où Haïrouf a cité, dans une déclaration explosive durant son interrogatoire par le juge chargé du dossier, M. Afilal dans des affaires de détournements, plus spécialement l’acquisition par la figure emblématique du syndicalisme national d’une villa à un prix dérisoire par rapport à sa valeur réelle et par l’utilisation de faux documents. L’expertise officielle ayant déterminé le prix avait, selon Haïrouf, falsifiée. La villa dont il est question est d’une superficie de 3000 m2 que le secrétaire général de l’UGTM l’avait achetée des domaines publics au prix de 650.000 DH.
Auditionné pour la première fois le lundi 1er novembre, par Me Sarhane, juge d’instruction près la Cour d’appel de Casablanca, le leader de l’UGTM nous avait cependant précisé qu’il avait été convoqué en tant que témoin.
Auparavant, et notamment par le biais de la presse, il s’était belle et bien défendu. Dans un entretien accordé à ALM, il avait non seulement qualifié cette accusation d’infondée, mais également affirmé qu’elle avait un objectif vindicatif. Et pour cause, c’est M. Afilal qui aurait été à l’origine des révélations sur les malversations opérées par Laâfoura, Slimani et Hairouf. Tout a commencé en 1997, date du retour de M. Afilal à la présidence de la commune de Aïn Sebâa, dont il était déjà le président de 1976 à 1992. Il a refusé de signer un chèque de huit millions de DH , la valeur des droits constatés- les travaux réalisés jusqu’alors- dans le cadre du projet de logement social Hassan II, un projet de résorption des bidonvilles de Hay Mohammadi. Les travaux réalisés n’étaient en fait que de deux millions de DH. Le reste, à savoir six millions de DH, se serait tout simplement envolé, ou plutôt détourné pour financer le projet immobilier de Oulad Ziane d’Abdelmoughit Slimani. M. Afilal dit qu’il s’était empressé de prévenir Abdelaziz Laâfora. Ce dernier «m’a sèchement expliqué que mon expertise était caduque, qu’elle n’avait aucune valeur et que je ferai mieux de m’occuper de mes affaires…
Je me suis adressé au tribunal administratif qui a fait une expertise dont les résultats ont été identiques à celle qui a été établie à la commune», nous avait déclaré M. Afilal. C’est le début de l’affaire Laâfoura-Slimani.
La thèse de vengeance clamée par ce responsable syndical trouve son explication dans le déroulement de cette affaire. «C’est Laâfora et son homme de paille Haïrouf qui ont inventé cette histoire pour me mouiller. Ma maison a été achetée légalement, en 1985, pour la somme de 650.000 DH. Et l’acte d’achat s’est effectué conformément à la loi. Il a été signé par le ministre de l’Intérieur, le ministre des Travaux publics, le ministre des Finances et avait même fait l’objet d’une publication au Bulletin officiel». En colère, Abderrazak Afilal est convaincu que l’on ne réussira pas à porter atteinte à sa réputation. Et de menacer que le temps n’est pas encore venu pour tout dire. Ce que l’affaire a révélé jusqu’à présent ne serait rien comparativement ce qui est toujours tu.

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