Agression contre un officier de police

Agression contre un officier de police

Abdelhamid Bahri, commissaire principal et adjoint du préfet de police des province du Sud, a été transféré, dimanche 28 mai 2006, à Casablanca à bord d’un avion spécial pour être soigné des brûlures qui lui avaient été occasionnées par un séparatiste lors de son interrogatoire. Selon plusieurs sources contactées par ALM au chef-lieu du Sahara, l’agresseur du commissaire Abdelhamid Bahri, aurait agi de manière préméditée en attaquant sa victime par le jet d’une bouteille contenant une matière dangereuse dans les locaux de la police même.
Tout avait commencé, dans la nuit de samedi à dimanche, quand les organisateurs d’une fête de mariage ont alerté les services de police pour intervenir contre ce qu’un communiqué de la région de Laâyoune-Boujdour qualifie de "fauteurs de troubles". Ces derniers, munis de drapeaux du "Polisario", mais aussi de cocktails Molotov, auraient voulu profiter de la cérémonie pour un show de propagande séparatiste. Ils résisteront une première fois aux forces de l’ordre avant d’être arrêtés et conduits dans les locaux de la police préfectorale. Là, l’un d’eux, est interrogé sur les bouteilles contenant un dangereux liquide  trouvées en sa possession. Pour toute réponse, Saïdi Salek balance l’une d’elles en direction du commissaire Abdelhamid Bahri. D’ailleurs, le "Polisario" a déjà fait sienne la "cause" des trois individus arrêtés à Laâyoune : Saïdi Salek, Abdallah Abba et Toubali El Hafed. Ces derniers s’étaient investis à fond lors des événements de Laâyoune en mai 2005.
Toubali El Hafed est connu dans la ville comme l’une des principales personnes impliquées dans la détention des 13 roquettes saisies par la police en décembre 2005. Dans un état avancé d’érosion, ces roquettes, de divers calibres, pouvaient toutefois servir à la confection d’explosifs à des fins terroristes. Cet individu est lié à un proche de Brahim Ghali (représentant du Polisario en Espagne) lui-même impliqué dans l’affaire des 13 mortiers saisis à une vingtaine de kilomètres de Laâyoune.
Selon des sources médicales à Casablanca, Abdelhamid Bahri souffre notamment de brûlures de deuxième degré aux mains, mais son état de santé ne suscite pas d’inquiétude. A Laâyoune, une enquête est ouverte pour cerner tous les aspects de cette affaire et préciser notamment la nature de la matière contenue dans les bouteilles saisies sur Saïdi Salek. La piste d’un acte terroriste n’est pas écartée,  compte tenu surtout du passé et de l’activisme des personnes arrêtées.


 Cadrage


Etre policier à Laâyoune n’est pas de tout repos. C’est même devenu très risqué. L’adjoint du préfet de police Abdelhamid Bahri l’a appris à ses dépens. Une brûlure de deuxième degré aux membres supérieurs causée  par un délinquant au moment de son interrogatoire. Les conséquences auraient pu être plus graves. S’enhardir à s’en prendre de la sorte à un haut gradé de la police dans son propre bureau alors qu’il faisait son travail est quelque chose d’inouïe. Une nouvelle dérive lourde de sens. Jamais pareille agression n’est survenue auparavant dans une autre ville du Royaume.
Cela est arrivé à Laâyoune. Au-delà de ce qui s’est passé, cette affaire attire l’attention sur le climat qui règne dans cette région, un climat chargé de rancœur et de ressentiment contre les forces de l’ordre, constamment alimenté par la propagande polisarienne. Des jeunes activistes, à la solde d’un polisario dont ils sont sensibles aux thèses séparatistes, exploitent dans un contexte de liberté indéniable et parfois de clémence judiciaire le moindre fait. Objectif inavoué : se transformer en victimes de ce qui sera considéré de l’autre côté, à Tindouf, comme “une atteinte exercée par les forces de répression marocaines contre les droits des Sahraouis“. Mais quelle parade des autorités du pays face à une technique de plus en plus rôdée ?

• Abdellah Chankou
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