Agression sexuelle dans un bus à Casablanca : Le gouvernement prépare une stratégie pour parer aux violences contre les femmes

Agression sexuelle dans un bus à Casablanca : Le gouvernement prépare une stratégie pour parer aux violences contre les femmes

Après l’agression sexuelle d’une jeune femme par un groupe de mineurs dans un bus à Casablanca, le gouvernement a décidé de réagir. Le chef de gou-vernement Saad Eddine El Othmani a promis une stra-tégie contre les violences faites aux femmes. On ne connaît pour l’instant ni le calendrier ni les grandes lignes de ce nouveau plan. M. El Othmani a indiqué jeudi dernier réfléchir «à com-ment traiter ce genre de phénomène pour que ces actes ne se reproduisent plus». Le chef de gouverne-ment a également assuré que «la stratégie adoptée par le gouvernement dans ce sens sera annoncée au moment opportun». Il faut dire que cette annonce du chef de gouvernement vient répondre aux critiques à l’encontre de la ministre, de la famille, de la solidarité, de l’égalité et du développe-ment social. Celle-ci avait été critiquée pour sa lenteur à réagir dans cette affaire.

Elle avait fini par sortir de son mutisme en dénonçant mardi sur sa page Facebook officielle un «crime hon-teux», et promis «d’accé-lérer l’adoption de la loi de lutte contre les violences» faites aux femmes. Il faut relever que la stratégie gou-vernementale viendra com-pléter l’arsenal juridique qui reste très limité. En effet, la loi actuelle condamne le harcèlement sexuel au tra-vail, mais laisse les victimes démunies en cas d’agression dans l’espace public. Pour sa part, Mustapha Ramid, ministre d’État chargé des droits de l’Homme, a assuré qu’un projet de loi va remé-dier à ce vide juridique. Le projet de loi en question criminalisant les violences à l’égard des femmes, incluant pour la première fois le harcèlement dans les lieux publics, est en cours d’adoption au Par-lement. Dans cette affaire, le ministre de la justice, Mohamed Aujjar, a exhorté les procureurs généraux du Roi et les procureurs du Roi à ouvrir des enquêtes judi-ciaires sur les cas de «non- dénonciation de crimes».

Pour le ministre, la dénon-ciation est «une obligation juridique contraignante» et toute violation de cette mesure sera sévèrement punie par la loi. «La déca-dence grave des valeurs dans le pays nécessite un traitement approfondi et global pour en déterminer les causes», avait indiqué jeudi le ministre, insistant sur le fait que le parquet doit assumer toutes ses respon-sabilités dans le traitement de ce genre d’affaires. Il a, en outre, appelé à sensibi-liser les citoyens quant à la nécessité de dénoncer de tels crimes et d’aider les forces de sécurité pour faire face à ce genre d’actes criminels. Faut-il rappeler que lors de l’agression, ni le chauffeur du bus ni les passagers ne sont inter-venus pour stopper ce viol. La vidéo mise en ligne dans la nuit du dimanche 20 au lundi 21 août alors que les faits se sont déroulés il y a trois mois a créé l’émoi au Maroc. On y voit une femme de 24 ans agressée en pleine journée à l’arrière d’un bus, par quatre jeunes hommes.

La jeune fille est partiellement dénudée et les jeunes mineurs lui touchent les parties intimes de son corps. La victime, effarée est en pleurs, elle crie, mais aucun passager ne vient à son secours. Les services de la préfecture de police de Casablanca ont arrêté, lundi dernier, six mineurs âgés entre 15 et 17 ans, pour leur implication présumée dans cette agression sexuelle commise avec violences contre une jeune femme souffrant de troubles men-taux, l’enregistrement de ces actes sur vidéo et sa diffusion sur Internet.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *