Ahmed Chawki rattrapé par la loi

Ahmed Chawki rattrapé par la loi

Décidément, l’ère de l’impunité est révolue. Les autorités publiques viennent de donner une nouvelle preuve de l’égalité des citoyens devant la justice. Mardi, les autorités judiciaires compétentes ont procédé à l’expulsion de l’ex-gouverneur, Ahmed Chawki, de la villa où il résidait dans l’un des plus beaux quartiers de la préfecture d’Aïn Sebaâ à Casablanca.
Les représentants de l’autorité judiciaire compétente qui s’étaient déplacés sur les lieux ont dû recourir à la force publique pour forcer l’ex-gouverneur à quitter ladite villa. De source informée, on apprend que Ahmed Chawki avait refusé, un jour auparavant, de se plier à la décision du tribunal qui l’avait pourtant condamné à vider la maison et à remettre les clefs au nouveau propriétaire. Devant le refus de l’intéressé, les agents judiciaires chargés de l’exécution du verdict lui avaient alors accordé un délai de vingt-quatre heures avant de faire appliquer la loi.
Le lendemain, en arrivant sur les lieux, ils se sont retrouvés dans la même situation à savoir le refus catégorique de Chawki de vider les lieux. L’ordre d’intervention fut alors donné et le recours à la procédure de l’exécution de la décision judiciaire par la force publique a été mise en oeuvre. De source informée, l’on a appris que l’ex-gouverneur est allé jusqu’à se barricader dans sa chambre à coucher, s’entêtant à refuser de sortir. Mais, il sera évacué de force par les agents de la police venus appliquer la décision du tribunal. Des témoins, qui ont assisté à la scène, ont avoué leur étonnement face à cette attitude incompréhensible de la part d’un homme ayant une formation juridique et qui est censé savoir que l’application des décisions des tribunaux est un principe fondamental de la justice. Rappelons que l’affaire a commencé, il y a quelques mois, lorsque Chawki avait vendu sa villa en contrepartie de la somme de six millions de Dhs.
Après avoir effectué toutes les démarches légales pour l’enregistrement de l’acte de vente et après avoir accusé réception du produit de la cession, la famille du vendeur, en l’occurrence Chawki, décida de saisir la justice pour demander l’annulation du contrat. Pour ce faire, ses enfants ont allégué que l’ex-gouverneur n’est pas habilité à prendre de telles décisions puisqu’il serait atteint, selon ses proches, d’une maladie neurologique qui réduit ses capacités mentales. Ce qui signifie qu’il est atteint de démence.
Une raison légitime pour annuler toute transaction commerciale effectuée par l’intéressé. Or, la maladie dont serait atteint Chawki, selon sa famille, est celle d’Alzheimer. Une affection sénile qui provoque une dégénérescence de certaines cellules nerveuses, perturbant ainsi l’activité cérébrale, ce qui se traduit par une perte progressive, mais très lente, de la capacité de discernement et de jugement. Ils ont donc décidé de recourir à la justice, mais ils ne sont pas arrivés à convaincre la Cour du bien-fondé de leur requête.
Par ailleurs, certaines personnes qui connaissent bien le dossier affirment que toute l’opération ne serait qu’un stratagème et que l’affaire montée autour de la villa n’est qu’un écran de fumée. Pour eux, le fait de faire en sorte qu’une vente normale et ordinaire d’une villa soit transformée en scandale n’est qu’une affaire fabriquée de toutes pièces pour accréditer l’idée que l’ex-gouverneur est atteint de démence, ce qui lui éviterait une éventuelle poursuite judiciaire en relation avec le dossier sulfureux Slimani-Laâfora actuellement examiné par le juge d’instruction près la Cour spéciale de justice. Il est à signaler que Chawki exerçait le métier d’avocat avant d’être nommé gouverneur de Khouribga puis de la préfecture d’Aïn Sebaâ avant d’être affecté à El Jadida. Un poste qu’il a quitté, le 31 décembre 1999, suite à un mouvement de gouverneurs qui se caractérisa notamment par le départ forcé de tous les hommes proches de l’ex-ministre de l’Intérieur, Driss Basri.
Ainsi, Chawki aurait-il campé le rôle du malade imaginaire pour anticiper sur d’éventuelles ennuits judiciaires à venir. Le passage de l’ex-gouverneur à la tête de la préfecture d’Aïn Sebaâ aurait été marqué par des irrégularités qui auraient été révélées à l’occasion de l’instruction de l’affaire toujours en cours.

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