Ahmed Ould Daddah s’allie avec le front contre le coup d’Etat

L’homme politique mauritanien Ahmed Ould Daddah, qui avait d’abord soutenu le coup d’Etat du 6 août à Nouakchott, s’est allié dimanche pour la première fois au Front anti-putsch à travers un communiqué commun qui rejette la médiation libyenne. «Le discours du médiateur libyen (Mouammar Kadhafi) appelant à accepter le fait accompli et l’agenda du pouvoir en place, suivi par une déclaration finale annonçant la clôture de la médiation, nous amène à constater, tout en le regrettant, l’échec de cette rencontre», affirment ensemble Ahmed Ould Daddah du Rassemblement des forces démocratiques (RFD) et le Front national pour la défense de la démocratie (FNDD). C’est la première fois que M. Ould Daddah, qui dirigeait l’opposition démocratique sous le régime de Sidi Ould Cheikh Abdallahi, signe un texte commun avec le Front anti-putsch.
Ils appellent les acteurs politiques mauritaniens à une prise de conscience de la nécessité de poursuivre leur lutte pour rejeter toute solution unilatérale et toute résignation devant le fait accompli. Ils demandent également aux partenaires étrangers de prendre leurs responsabilités afin d’évaluer la médiation libyenne pour redéfinir les voies et moyens appropriés qui permettront d’aboutir à une solution globale, consensuelle et durable de la crise que traverse le pays. Samedi soir, le colonel Mouammar Kadhafi avait affirmé que le président mauritanien, renversé il y a sept mois, devait accepter le fait accompli.
«L’ex-président mauritanien Sidi Ould Cheikh Abdallahi, renversé par un coup d’Etat le 6 août dernier, doit accepter le fait accompli», a estimé à Niamey le dirigeant libyen et également président en exercice de l’Union africaine, selon les médias gouvernementaux.
Le dirigeant libyen avait déjà suscité la polémique, jeudi à Nouakchott, en déclarant que le dossier des sanctions de l’Union africaine contre les membres du Haut Conseil d’Etat était désormais clos après l’annonce, qu’une élection présidentielle aurait lieu le 6 juin. Le coup d’Etat contre Sidi Ould Cheikh Abdallahi, premier président démocratiquement élu du pays, avait été vivement condamné par la communauté internationale. Sidi Ould Cheikh Abdallahi avait recueilli 52,85% des suffrages lors du 2ème tour d’un scrutin présidentiel qualifié de «transparent et crédible» par l’ensemble des observateurs. Cette élection a mis un terme à 19 mois d’une transition militaire marquée par pas moins de cinq consultations électorales.

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