Aïd Al Adha : Les prix flambent

A quelques jours de la fête d’Al Aïd, il est sur toutes les lèvres et bientôt dans toutes les gamelles. Il, c’est le mouton. Au centre de toutes les préoccupations et son événement prend ainsi le pas sur tout le reste.
L’occasion est également caractérisée par l’abondance des blagues qui s’articulent autour de la bête vouée à l’immolation, notamment avec l’ouverture officielle des souks en ville, jeudi. Les formules de crédit pour mouton et concours dans ce sens battent également leur plein à cette occasion.
En dépit de la forte affluence, la première journée n’a pas connu beaucoup de transactions commerciales.
Les gens ont profité de l’occasion pour visiter le souk et s’informer sur les prix pratiqués. Lesquels sont situés entre 1500 et 3600 dirhams. En kilogrammes, ils oscillent entre 32 et 36 dirhams. La race « Sardi », fixée dans le plateau central (Settat, Kelâat Seraghna et Khouribga ), vient en tête, quelle que soit la manière de vente, avant la race « Guilie» élevée dans l’Oriental, même si les moutons de cette dernière, selon plusieurs connaisseurs en la matière, vu le pâturage naturel de la région, donnent une viande plus succulente. Les acheteurs ont le choix de procéder par la formule de la balance ou faire face à la surenchère et autres intrigues des intermédiaires (Chennaka), des chevillards et de certains éleveurs indélicats. Mais, la majorité des ménages fuient cette formule de la balance. Car, constate-t-on, le poids de la «bête» se trouve souvent dans la fourche supérieure à 60 kilogrammes, ce qui fait que son prix total dépasse les 2000 dirhams. Montant inaccessible pour les bourses modestes. Toutefois, certains chefs de ménage, traditions obligent, cherchent le mouton à cornes longues quitte à faire un crédit pour la circonstance.
«L’Aïd, c’est une fois par an, il ne faut pas laisser les enfants regarder vers les voisins», avancent-ils. Cette année, selon les chiffres du ministère de l’Agriculture, du Développement rural et des Eaux et Forêts, les disponibilités, en ovins et caprins pour l’Aïd Al Adha 1422, sont estimées à 5,43 millions de têtes dont 4,93 millions d’ovins. Disponibilités largement suffisantes pour répondre aux besoins du marché. La demande globale, en animaux d’abattage pour la circonstance, est évaluée, quant à elle, à 4,8 millions de têtes cette année, dont 4,5 millions d’ovins et 300.000 de caprins.
Ce nombre de moutons voués à l’immolation, «Traditon d’Ibrahim», représente un chiffre d’affaires estimé à environ 6,3 milliards de dirhams. Une besogne, donc pour un monde rural éprouvé par deux années de sécheresse successives, qui permettra aux éleveurs d’améliorer leur trésorerie.

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