Akreuch : pas de relogement en vue

Akreuch : pas de relogement en vue

«C’est là où je vis et c’est là où je mourrais !». Le refrain est unanime dans ce quartier à moitié démoli sur Oued Akreuch (préfecture de Skhirat-Témara). Elles sont près de 70 familles à refuser de quitter leurs baraques insalubres non pas par choix, disent-elles, mais parce qu’elles s’estiment victimes d’un recensement décalé dans le temps. Dans le douar Lakhaoui, le délogement des familles ne s’est pas déroulé comme prévu. «Nous avons été lésés de notre droit et cela nous coûte très cher. Nous vivons dans la décharge d’Akrach et personne ne semble se soucier de notre sort», lance un habitant. En colère, tous le sont contre une vie qu’ils qualifient de «misère en plein air». Leur douar placé à proximité de la plus grande décharge de la ville leur cause des désagréments au quotidien. «Après la démolition de la bonne majorité des maisons insalubres et des commerces, ici, la situation a empiré avec des égouts qui ont explosé…
Ces odeurs et cette pollution nous tuent à petit feu », raconte ce père de famille. Un drame qui ne laisse pas insensibles les militants des droits de l’Homme. Plusieurs familles du douar ont contacté l’Association marocaine des droits humains (AMDH) pour leur porter secours et les sortir de ce drame à double tranchant. «Nous allons mener notre étude sur l’état des lieux au niveau de l’environnement afin de pouvoir évaluer les conséquences sur la santé des citoyens», annonce le président de la section de l’AMDH à Témara, Abdellah Hariri. Mais ce ne sera là qu’une des démarches que compte accomplir l’AMDH sollicitée par ces habitants avant tout pour désamorcer la crise du relogement qui bloque. «Nous faisons, en principe, partie de la seconde tranche qui devait bénéficier d’un relogement dans des appartements à Aïn Aouda, mais plusieurs d’entre nous ont fini par refuser pour deux grandes raisons», explique cet habitant. Ces «raisons» concernent d’abord le recensement des bénéficiaires, jugé trop ancien, puisqu’il remonte à 2002, selon les habitants. Ces derniers soulignent que depuis ce temps-là, le nombre de familles s’est multiplié. Ils prétendent, également, que malgré la réalisation d’un nouveau recensement, il y a trois ans, les dossiers d’acquisition des nouveaux logements ont été distribués sans prendre compte des véritables besoins de chaque famille. «Avec 8 personnes, pensez-vous que j’irai vivre dans un 45 ou un 50 m2 ?», s’indigne l’une des personnes concernées. Des pères de familles, ainsi que leurs filles et leurs fils mariés, vivent sous le même toit et estiment qu’avec un nombre aussi important, il ne leur est pas possible de tronquer leur habitat insalubre contre un logement en raison de son étroitesse. Et pour se faire entendre, ils ont observé un sit-in, soutenu par l’AMDH, devant la préfecture de Skhirat-Témara. «Un des responsables nous a reçus et nous a promis que la préfecture allait étudier notre cas pour trouver une solution. Mais depuis, nous attendons», confie un habitant. Pour accélérer le règlement du conflit, l’AMDH a demandé aux habitants de dresser la liste des noms des habitants concernés. Chose faite, puisque la liste a été remise à la préfecture. La section de l’AMDH à Témara déclare d’ores et déjà que s’il n’y a pas d’écho à cette liste et à sa lettre revendiquant la solution du problème à douar Lakhaoui dans les plus brefs délais, d’autres sit-in seront observés. Le conflit ne semble pas aller dans le sens de la résolution. A la préfecture de Skhirat-Témara, on explique que l’opération de relogement du quartier en question s’est déroulée, en 1998, sans problème pour ce qui est de la première tranche.
Alors que la seconde, entamée en septembre dernier, ne s’est pas encore terminée en raison des cas évoqués par les familles.
«Une bonne partie de cette seconde tranche a déjà été relogée à Aïn Aouda dans des appartements construits par Al Omrane après avoir payé 56.000 DH. Le reste de l’opération bloque toujours», indique une source de la préfecture.  Ces familles qui n’ont toujours pas été relogées sont accusées de vouloir profiter de l’opération en augmentant le nombre des bénéficiaires. Ce qui n’arrange en rien ce conflit qui enfle, au moment même où l’opération de démolition est en cours.

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