Al Adl choisit la confrontation

Al Adl choisit la confrontation

Al Adl Wal Ishane a de nouveau cherché la confrontation via une démonstration de force à Fès. Ce mardi-là, 1er novembre 2005, plusieurs centaines de leaders et membres de la Jamaâ de Abdeslam Yassine ont pris la direction de la prison Bourkayez à Fès pour y tenir un sit-in et demander la libération de 12 étudiants islamistes arrêtés et condamnés en 1991 à 20 ans de prison.
Selon des témoignages recueillis sur place, les Adlistes, de Fès mais aussi de plusieurs autres villes, se déplaçaient par groupes dans un cortège d’une cinquantaine de véhicules qui prenaient la direction de la prison de Bourkayez. Ils furent interceptés, au célèbre quartier de Bensouda, par les forces de l’ordre qui avaient des directives pour disperser cette manifestation. Chose qui fut faite en moins de deux heures.
Le même jour, Al Adl Wal Ihsane rendait public un communiqué où l’association dénonce «l’intervention barbare » des forces de l’ordre et recense les dégâts subis par près d’une vingtaine de véhicules, notamment plusieurs pare-brise endommagés lors de l’intervention policière. L’association affirmait également que 12 de ses leaders et sympathisants ont été blessés et dont Abdellah Chibani, membre de la direction adliste et époux de Nadia Yassine, en plus du premier responsable d’Al Adl à Fès, Abdellah Bella, et de figures connues chez les adeptes de Yassine comme Abdellah Aynouss, Abdeslam Hajjou, Mohamed Rabouz et Abdellah Aâraâr.
Pour se dédouaner, Al Adl affirme avoir déposé une demande d’autorisation le 28 octobre 2005 auprès des autorités locales de la ville. Procédure visiblement considérée par l’association comme permettant un attroupement de ses membres devant la prison où 12 de ses adeptes purgent des peines de prison de 20 ans pour leur implication dans les graves événements de l’automne 1991 qui se sont déroulés au campus de l’Université Mohammed 1er à Oujda. Evénements où avait trouvé la mort Maâti Boumli, jeune étudiant de la mouvance gauchiste. L’accusation s’était portée sur les 12 étudiants d’Al Adl, jugés et condamnés la même année. Procès jugé depuis comme ayant été entaché de plusieurs irrégularités par Al Adl Wal Ihsane qui a longtemps milité pour d’abord arracher le statut de «détenus politiques» à ces derniers. Pour ensuite initier une large campagne pour leur libération et notamment lors du dernier Ramadan à travers plusieurs villes. Casablanca était d’ailleurs l’une des dernières étapes de cette campagne avec le meeting de Hay Mohammadi le 22 octobre 2005. Al Adl Wal Ihsane a surtout haussé le ton depuis la grâce accordée par Feu Sa Majesté le Roi Hassan II à tous les détenus politiques. Dans les coulisses, les amis de Yassine ne cachent jamais leur déception de voir les leurs exclus des mesures de grâce décidées par Sa Majesté le Roi Mohammed VI à plusieurs occasions.
Les événements de l’automne 1991, coïncidant avec la rentrée universitaire 1991-1992, et marqués par une «méga-descente» des Adlistes dans les universités, ont failli faire des morts à Fès également.
Lors de leur raid sur le campus de l’Université Sidi Mohammed Ben Abdellah, les étudiants d’Al Adl, épaulés par des centaines d’autres sympathisants arrivés de plusieurs villes, avaient cherché à décimer la mouvance basiste.
Noureddine Jarir, figure de proue de cette mouvance à l’époque, a failli y laisser la vie. Un peu plus d’un an plus tard, Benaissa Aït Eljid n’aura pas la même «chance». Il sera assassiné à Fès.

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