Al Adl s’invite à la marche de Casablanca

Al Adl s’invite à la marche de Casablanca

Al Adl Wal Ihssane a bravé l’interdiction de la marche de Casablanca contre la vie chère pour faire une descente dans le quartier populaire de Ben Jdia. Quelques centaines d’adeptes d’Abdeslam Yassine étaient en effet présents munis de leurs propres pancartes et répétant des slogans inspirés de la littérature de la Jamaâ. Ils ont improvisé un sit-in et écouté l’allocution de l’un des responsables de la mouvance à Casablanca avant de se disperser.
Interrogé par ALM sur la participation d’Al Adl Wal Ihssane, Abdeslam Adib affirme que cette mouvance n’a pas été invitée en tant que «formation politique», mais que ses membres, en tant que simples citoyens, avaient le droit d’y prendre part. Le coordinateur du comité de suivi national des coordinations locales ajoute que les organisateurs étaient prêts à «faire face à tout débordement» de la marche nationale de Casablanca de la part de cette mouvance.
Al Adl Wal Ihssane avait diffusé, samedi, un appel à ses militants, mais aussi à ses «sympathisants», pour qu’ils soient «massivement présents» lors de la marche de dimanche contre la vie chère. Dans la même journée de samedi, les autorités de la wilaya de Casablanca avaient signifié aux organisateurs que la marche était interdite.
«La décision d’interdire cette marche revêt un vice de forme, puisque cette interdiction ne nous a pas été signifiée dans le délai légal de 48 heures suivant le dépôt de la demande d’autorisation», explique Abdeslam Adib. Pour ce dernier, le comité de suivi national des coordinations locales avait décidé de ce fait de maintenir l’appel à la marche. Hier dimanche, à en croire la même source, la place de la Victoire, d’où devait partir la marche, avait été fermée à toute circulation et les forces de l’ordre y avaient interdit tout accès. De ce fait, près de 2.000 manifestants avaient dû rester groupés au début du boulevard Lalla Yacout. Après près de deux heures, les manifestants ont rompu les rangs. Certains d’entre eux, par dizaines, étaient arrivés de localités lointaines. Selon les organisateurs, ils représentent près de 80 coordinations locales, les célèbres «tansikiate» qui ont animé les manifestations locales contre la vie chère depuis plusieurs mois et réussi une grande mobilisation lors de la première marche nationale, en décembre dernier, à Rabat. 
Selon le comité de suivi national, les activités des coordinations vont se poursuivre au niveau local en attendant la tenue de la troisième rencontre nationale pour décider de la démarche à suivre dans l’avenir.
Pour la marche de Casablanca, la demande d’autorisation avait été déposée par la section de l’AMDH (Association marocaine des droits de l’Homme), ATTAC-Maroc, mais aussi par la section du SneSup (Syndicat national de l’enseignement supérieur). Al Adl Wal Ihssane ne rate aucune occasion pour étaler sa force de mobilisation. Ses "militants" ont réussi à noyauter les coordinations locales constituées à l’origine par les militants des partis de l’extrême gauche et des syndicats démocratiques.

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