Al Adl Wal Ihssane devant la Justice

Al Adl Wal Ihssane devant la Justice

Ce jeudi, 3 juillet 2003, doit comparaître devant le tribunal de Première instance de Taroudant, Omar Amkasou, secrétaire général-adjoint du département politique ( Adda’ira Assiyassiya) de Jamaat Al Adl Wal Ihssane ( Association justice et bienfaisance), conduite par Cheikh Abdessalam Yassine. M. Amkassou est poursuivi pour appartenance à une association illégale et pour organisation de rassemblement non autorisé, des accusations considérées surprenantes, dans une déclaration de Fathallah Arsalen, porte-parole de l’Association précitée. Il formule ses voeux quant à l’arrêt des poursuites judiciaires à l’encontre de M. Amkassou, « en vue d’éviter au pays de verser dans des questions qui ne seront que bénéfiques aux ennemis de la Nation ». Cela dit, le procès de Taroudant survient après un interrogatoire effectué par la police judiciaire le 9 juin dernier à propos d’une déclaration publiée par l’hebdomadaire « Maghrib Al Youm », dans sa livraison du 28 février au 6 mars 2003. Dans cet article consacré au projet de loi anti-terroriste, Omar Amkassou s’est interrogé en ironisant le débat, si le terrorisme existe vraiment au Maroc, estimant que ce dernier ne fait que suivre à la lettre les directives des Américains. Et d’ajouter qu’à la lumière de cette loi, il suffit d’accuser quelqu’un de terrorisme pour le priver de tous ses droits. Poursuivant son raisonnement par l’absurde, le dirigeant islamiste affirme que la présentation de ce projet n’avait pour objectif que d’induire le peuple en erreur et de baliser le terrain à un retour pur et simple au fameux dahir de « Tout ce qui est de nature de… ». Oubliant ainsi que cet article a été créé, d’abord, à des fins politiciennes pour neutraliser l’opposition. L’amalgame poussé à son paroxysme, il attribue l’extrémisme et le radicalisme à la pauvreté, au chômage, à la fermeture des maisons de Dieu et à la répression des prédicateurs. Et pour conclure, il s’estime en droit de sommer l’Etat de tenir compte de ces faits «avant qu’il ne soit trop tard». La menace était percible .Bien entendu, ce genre de discours appelant à l’escalade a été révisé à la baisse depuis le 16 mai dernier laissant la place à une attitude de profil bas. En effet, dès le lendemain des attentats de Casablanca, l’invocation à Dieu a commencé à disparaître, de plus en plus de l’en-tête des communiqués des syndicalistes islamistes. Lors de la campagne pour les élections des délégués de l’hygiène et de la sécurité à l’OCP (Office chérifien des phosphates), notamment à Safi, l’expression « Au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux » a disparu des tracts distribués par les candidats connus pour leur appartenance à la mouvance islamiste. Une manière de dissimuler les véritables intentions des acteurs concernés. Le secrétaire général du Syndicat national des travailleurs des Phosphates -Section Safi (CDT), s’est demandé si cette modification résultait d’une stratégie cohérente, étant donné que le même phénomène s’était produit à Al Jadida. Et d’ajouter que la direction des phosphates de Safi avait interdit la prière du vendredi dans les mosquées de l’Office pendant la période électorale du 4 au 18 juin. Une mesure qui ne remet, certes, pas leur droit à l’existence, mais qui exige d’eux un nouveau comportement sur le terrain de l’action.

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