Al Aïd : Des métiers de circonstance

Demain mercredi, le Maroc célèbre la fête d’Al Aïd Al Adha. Ceux qui ne se sont pas encore acheté leur «Oudhia» vont scruter, ce mardi, marchés et moutons. Les points de vente dans les villes et les souks connaîtront une forte affluence. Une flambée des prix n’est pas à écarter ce dernier jour. Déjà, durant le week-end dernier, les prix ont enregistré une nette augmentation. Ils variaient entre 1600 et 3400 dirhams.
Le prix au kilogramme se situe entre 32 et 40 dirhams. La race « Sardi », fixée dans le plateau central, triangle de Settat, Kelâat Seraghna et Khouribga, vient en tête, quelle que soit la formule de vente.
Une fois que le problème du mouton est réglé, la circonstance exige d’autres ingrédients indispensables pendant les jours de la fête. Ainsi d’autres commerces se développent également en parallèle à l’occasion. Du neuf pour les enfants d’abord, outre le charbon et les divers instruments nécessaires à cette fête. Là aussi, les prix flambent carrément. Les aiguiseurs de couteaux et autres lames prolifèrent, très loin de l’art du bon vieux rémouleur. De jeunes énergumènes, ignorant totalement la technique d’affûtage, tentent d’appliquer maladroitement, à l’aide de meules électriques, la lame sur le disque porté à des milliers de tours à la minute au point de la chauffer à blanc. Ce qui a pour effet indésirable d’ôter au métal sa précieuse trempe. Le jour de la fête, tôt le matin, les rues sont envahies de gens «armés». Il y a de vrais bouchers, mais il y a également les autres qui sont tout juste bons pour gâcher et salir la carcasse de la bête.
Pour écorcher aisément le mouton, certains «bouchers» le gonflent d’air soufflé à la bouche à travers une entaille dans sa patte arrière. Une pratique fortement déconseillée par les spécialistes en matière d’hygiène, car il y a le risque de transmission d’une bonne dose de germes si le boucher en portait. Il vaut mieux, conseillent-ils, utiliser les pompes à air manuelles qui ne manquent pas sur le marché.
Le jour de la fête d’Al Aïd Al Adha est également accompagné de traditions profondément ancrées dans la société marocaine qui refont surface à l’occasion. Ainsi, dès l’accomplissement de la prière d’Al Aïd à «Lamssala», les membres de la famille assistent au rituel de l’immolation du mouton, tradition du prophète Sidna Ibrahim. Ensuite, les membres de la famille se réunissent dans une atmosphère de joie, festoyant autour d’un méchoui ou dégustant des brochettes dans un brouillard de fumée dégagé d’un «kanoun» aux braises attisées par des lambeaux de graisse larmoyants. Dans l’après-midi, les uns rendent visite aux autres et ceux qui n’ont pas pu effectuer le déplacement appellent au téléphone, «mabrouk l’Aïd, mabrouk laâouacher». Il faut dire que Al Aïd Al Kébir, qui demande un budget particulier, est une fête religieuse caractérisée par plusieurs traditions qui remontent à la surface.

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