Al Najat fait encore parler d’elle

L’affaire de l’escroquerie des 30.000 emplois à bord de bateaux de croisière n’en finit pas de faire des vagues. Le cerveau de cette grosse arnaque, le directeur de Al Najat Marine Shipping Ali Pasha, n’est pas encore rassasié. Celui qui a déjà plumé plusieurs milliers de jeunes chômeurs dans neuf pays y compris le Maroc, cherche encore à saigner des victimes.
La Fédération internationale des ouvriers du transport (ITF) a mis ses affiliés en garde contre les agissements de cet escroc dangereux, qui a disparu après avoir empoché des millions de dollars sous forme “d’honoraires de visite médicale »pour des emplois fantômes sur des navires de croisière.
Installé à Londres, ce syndicat est persuadé que Ali Pasha, qui est toujours en cavale, compte refaire surface dans d’autres pays sous un faux nom.
Mohammed Ali Pasha, qui se fait peut-être également appeler S.A. Mohammed Ali Pasha et Sajjad Akbar, a sévi notamment dans les pays suivants : Kenya, Syrie, Indonésie, Inde, Pakistan et Maroc. L’opération au Kenya a pris fin en mai, après que l’ITF eut révélé la fraude. Au Maroc, les responsables de l’Anapec ont nourri jusqu’au bout l’espoir chez les candidats alors qu’il était possible de stopper cette mascarade et de limiter les dégâts.
« Il est possible de mettre fin à cette escroquerie de deux manières »,a déclaré le secrétaire général de l’ITF, David Cockroft. « Soit en appréhendant et en engageant des poursuites contre ceux qui sont impliqués dans cette fumisterie. Soit en médiatisant à une grande échelle cette arnaque pour que personne ne se fasse avoir à l’avenir. » « Cette fraude est caractérisée par la vitesse avec laquelle les victimes sont dépossédées de leur argent.
Nous demandons aux syndicats affiliés dans le monde entier de nous prévenir dès qu’ils ont vent d’Ali Pasha ou qu’ils ont connaissance d’une nouvelle campagne de recrutement, »a ajouté M. Cockroft. L’ITF demande aux gouvernements qui ont accueilli la compagnie, ou qui ont coopéré avec elle, d’ouvrir des poursuites judiciaires contre Pasha et d’intervenir pour récupérer les millions de dollars soutirés aux victimes.
Au Kenya et au Maroc, cette fraude a d’autant plus marché qu’elle a profité de la participation active du ministère de l’Emploi de ces pays pour promouvoir la fausse campagne de recrutement auprès d’un très large public.
L’ITF a remis un dossier sur Al Najat à l’Organisation internationale de police criminelle Interpol, ainsi qu’au Bureau britannique des fraudes. Pasha s’est targué d’avoir fréquemment fait des affaires à Londres bien que l’on n’ait pu confirmer s’il est détenteur de passeports britannique et pakistanais. « Nous avons demandé aux gouvernements concernés de faire ce qu’ils auraient dû faire depuis longtemps: enquêter sérieusement sur Mohammed Ali Pasha et ceux qui l’ont aidé dans son entreprise d’escroquerie », a déclaré David Cockroft. « Il est encore possible d’arrêter Ali Pasha et de récupérer une partie de l’argent qu’il a volé aux personnes qui comptent parmi les plus démunies du monde », a-t-il ajouté.

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