Al Najat mène les gens en bateau

C’est d’Europe cette fois-ci et notamment du Royaume-Unis que parviennent les dernières nouvelles des mécanismes douteux de la société émiratie de recrutement Al Najat. Elles datent du 26 juin dernier. «Nous commencerons à obtenir la délivrance des visas à partir des principaux partenaires des expéditions en Europe à partir du 31 juillet», a déclaré dans un récent communiqué le directeur général d’Al Najat, Mohammed Ali Pasha. Et il ajoute par la même occasion que : «Al-Najat commencera a délivrer les billets d’avion à ses agents pour la première semaine d’août, et le départ aura lieu juste après». Mais le départ vers quelle destination ? On apprend également que la répartition par compagnie se réalisera en privilégiant d’abord les kenyans, ensuite les autres pays africains et enfin les recrues du Pakistan.
Lorsque le magazine britannique «Fairplay» avait demandé à Ali Pasha d’appeler ses potentiels clients afin de vérifier leur existence, ce dernier avait répliqué que : d’«autres agents voleraient nos affaires».
Toutefois, les investigations de «Fairplay» prouvent que les principales lignes de croisières n’avaient jamais entendu parler d’Al Najat et surtout qu’elles n’ont aucune intention de l’employer. Auparavant, les enquêteurs de ce même support, avaient approché les agents des principales lignes de croisières à Dubaï, ils ont découvert qu’Al Najat est inconnue au bataillon.
L’un des interlocuteurs de Fairplay sous couvert d’anonymat est allé jusqu’à affirmer que : «nous avons déjà vu ce genre de chose auparavant à Dubaï avec des agences de recrutements qui ramassent des CV et cherchent à placer les demandeurs à 100 $ la tête». Il faut dire qu’Al Najat a profité d’une conjoncture particulière. Sa stratégie commerciale et marketing s’est adossée au projet du port Raschid en mars 2001, initié par le département du tourisme de Dubaï. Ce projet consistait à faire du port, un point de remplissage (humain) pour les lignes de croisières.
Pour se faire, le département en question comptait répondre à une demande de recrutement s’élevant à 42 bateaux, toutefois seulement six navires ont lancé des appels.
Cette situation trouve son origine dans les attentats du 11 septembre aux Etats-Unis. A l’annonce des 6000 recrues roumaines, ITF (Fédération des ouvriers internationaux de transport) a interpellé les autorités émiraties, sur les opérations d’Al Najat. Ces dernières ont interrogé la boîte en question. C’est à ce moment, qu’Ali Pasha a déclaré que : «nous n’avons jamais dit que nous avons les postes d’emplois à notre disposition, mais juste des demandes. Les candidats nous fournissent leurs CV et nous essayons de leur trouver des emplois». A l’alerte lancée par ITF, Ali Pasha brandit le nom du cheikh Saqr Bin Abdullah Bin Hamed Al-Quasimi. Les investigations de Fairplay ont permis l’identification de ce haut personnage. Il s’agit du vice-président de Ras Al Khaimah au département de la culture.
Toujours, selon la même source, «probablement, le cheikh est seulement un associé passif au sein d’Al Najat. Il perçoit des revenus annuels de la part d’Ali Pasha, sans participer aucunement dans le fonctionnement de l’entreprise.» Cet arrangement est fréquent aux Emirats Arabes Unis, parmi les cheikhs des Etats du nord du pays, moins propres que ceux du reste de la fédération. Mais ce qui est une coutume ailleurs ne devrait pas porter préjudice à nos concitoyens et en utilisant leur misère, comme source de rentes.

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