Alerte du Centre antipoison du Maroc (CAPM) : Les fumées des hammams nocives pour la santé

Alerte du Centre antipoison du Maroc (CAPM) : Les fumées des hammams nocives pour la santé

Le Centre antipoison du Maroc (CAPM) tire la sonnette d’alarme sur les fumées dégagées par les cheminées des hammams qui constituent un danger pour la santé. «Ces fumées sont nuisibles pour les personnes qui habitent à côté des hammams. Elles sont responsables de l’augmentation des infections des voies respiratoires inférieures, de l’exacerbation des crises d’asthme. Les jeunes enfants, les personnes âgées et les personnes ayant une maladie cardiorespiratoire sont plus sensibles à ces fumées», affirme Rachida Aghandous, responsable du dossier des intoxications au monoxyde de carbone au CAPM. Cette alerte a été lancée après qu’un habitant de Casablanca ait contacté le CAPM en février 2011. Ce dernier se plaignait des échappements des cheminées d’un hammam du quartier qui utilisait des déchets de bois de construction comme combustible. Dans le dernier numéro de sa publication officielle «Toxicologie Maroc» en date du 2ème trimestre 2011, le CAPM relève que le danger provient de la combustion du bois, nécessaire pour chauffer les hammams. «Cette combustion libère une centaine de composés toxiques : particules fines (PM2.5), monoxyde de carbone, composés organiques volatils, des hydrocarbures aromatiques polycycliques, oxydes d’azote et de nombreux produits irritants. Les déchets de bois traités sont encore plus dangereux que ceux qui ne sont pas traités dans la mesure où ils peuvent libérer en plus de ces particules, du chrome, du cuivre et de l’arsenic», souligne Mme Aghandous. Mais le véritable problème réside dans le non- respect par les hammams des normes de qualité de l’air et les modalités de surveillance de l’air qui sont régies par le Dahir n° 1-03-61 (Bo du 19 juin 2003) et le Décret n° 2-09-286 (8 décembre 2009). «Les hammams ne respectent pas les normes relatives à la qualité de l’air et encore moins les normes sécuritaires. Ils sont construits très près des habitations. On les retrouve dans les sous-sols des immeubles, des maisons», déplore Mme Aghadous. C’est pourquoi le CAPM insiste sur le strict respect de certaines règles: les hammams doivent être construits à au moins 100 m des habitations et contenir une «préchambre» pour le traitement des fumées avant leur émission. Quant à la hauteur des cheminées, celle-ci doit être supérieure à la plus haute habitation. Par ailleurs, la vigilance reste de mise pour les clients des hammams en raison des problèmes d’aération. «Ce sont des lieux qui sont très peu aérés, ce qui peut constituer un risque d’intoxication au monoxyde de carbone. L’autre danger réside au niveau des fissures aux murs près de la «barma» (grande cuve) qui peuvent dégager du monoxyde de carbone et entraîner une intoxication. Celle-ci survient suite à une combustion incomplète, la quantité de dioxygène n’étant pas suffisante pour brûler tout le combustible», explique Mme Aghandous tout en relevant que des intoxications collectives se sont déjà produites. Pour éviter une intoxication au monoxyde de carbone, cette spécialiste recommande de rester moins d’une heure au hammam. «Dès que l’on ressent une fatigue ou des maux de tête, il faut tout de suite sortir du hammam. Ce sont des symptômes qui prouvent qu’il y a un manque d’oxygène», précise-t-elle. Rappelons à ce sujet que l’intoxication au monoxyde se traduit par des maux de tête, nausées, vertiges, vomissements, une grande fatigue, voire une perte de conscience et une paralysie. L’évolution peut être rapide entre les premiers symptômes et la perte de connaissance, voire le décès.

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