Alerte sur l’utilisation du bereztem

Alerte sur l’utilisation du bereztem

Dans le dernier numéro de sa publication officielle «Toxicologie Maroc» du 2ème trimestre 2010, le Centre antipoison du Maroc (CAPM) tire la sonnette d’alarme concernant l’utilisation de deux produits: le bereztem et le métoclopramide. Le bereztem qui est une plante herbacée dont la racine séchée est vendue chez les herboristes est très dangereux. Le Centre antipoison a reçu plusieurs déclarations d’insuffisances rénales secondaires suite à l’usage de cette plante par des patients atteints de cancer. Ce produit est utilisé comme traitement de cancer mais aussi pour des usages très variés: traitement de « boumezwi » ( palpitations de l’aorte), de la constipation, des affections intestinales, des maladies cutanées, des blessures et constitue un antidote contre certaines intoxications. Le CAPM mène actuellement une enquête pour évaluer la prévalence et la durée de son utilisation chez les patients, et les éventuelles conséquences sur la fonction rénale. Les résultats préliminaires sont alarmants. Il en ressort que ce produit est largement utilisé et le nombre de patients présentant, en plus de leur cancer, une insuffisance rénale est de 16%. Cette plante doit sa toxicité à l’acide aristolochique (AA) très concentré au niveau de la racine. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) considère cet acide carcinogène c’est-à-dire capable de provoquer un cancer. Au Maroc, le Dahir du 27 février 1923, celui du 20 août 1926 et celui du 19 février 1960 interdisent aux herboristes la vente des plantes toxiques. Et pourtant le bereztem continue d’être vendu librement. Le CAPM recommande aux citoyens d’arrêter toute utilisation de cette plante et aux professionnels de santé de rechercher la notion d’utilisation de bereztem devant toute insuffisance rénale inexpliquée. Les données de la biopsie rénale sont très évocatrices d’une néphrite interstitielle chronique d’origine toxique. Le Centre antipoison appelle les herboristes à respecter la loi et à participer efficacement à la préservation de la santé du citoyen. Les autorités ont également un rôle primordial à jouer en effectuant des contrôles pour interdire définitivement la vente de ce produit. Par ailleurs, le Centre antipoison met en garde les citoyens sur l’utilisation du métoclopramide qui est un médicament utilisé pour traiter les vomissements chez l’enfant. Ce médicament est commercialisé sous plusieurs noms commerciaux (Clopram, Digestine, Metagliz et Primperan) et sous différentes formes ( sirop, suppositoires, comprimés, solution buvable). Le CAPM note que la dose quotidienne ne doit pas dépasser 0,4 mg/kg/jour répartie avec un intervalle de six heures entre les prises. En cas de surdosage, de graves complications peuvent survenir notamment des spasmes musculaires intermittents touchant essentiellement la face et le cou: torticolis, trismus, protrusion de la langue et mouvements anormaux des yeux. Le CAPM a reçu plusieurs appels concernant le surdosage. Une vingtaine de cas ont été enregistrés durant les mois de janvier et février. Si les parents en sont souvent la cause directe, il faut souligner que ce médicament est fréquemment délivré sans ordonnance. Pour éviter les cas de surdosage, le CAPM insiste sur la nécessité de ne plus prescrire, ni délivrer, ni utiliser ce médicament qu’en cas de vomissements très sévères. Il est fortement recommandé aux parents de respecter la dose prescrite et l’intervalle de six heures entre les deux prises.

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