Algérie : Des échauffourées entre police et jeunes dans un quartier d’Alger

Algérie : Des échauffourées entre police et jeunes dans un quartier d’Alger

Des échauffourées avec jets de pierres et de cocktails Molotov par de jeunes manifestants contre des forces anti-émeutes ont eu lieu mercredi durant plusieurs heures dans un quartier populaire d’Alger et ont fait au moins un blessé, a constaté un correspondant de l’AFP. Un policier blessé au pied après avoir reçu une pierre a été évacué. Un responsable de la protection civile a déclaré à l’AFP sous couvert d’anonymat que ses forces ou les pompiers «n’avaient procédé à aucune autre évacuation de blessé». Mais le quotidien El Watan en ligne a fait état de plusieurs blessés, citant des témoins. Les manifestants protestaient contre la vétusté des logements du quartier Diar El Mahçoul dans la commune d’El Madania, à proximité du monument des martyrs et demandaient un calendrier précis de relogement pour les 1.500 familles de la cité. Ces immeubles de sept étages en moyenne ont été dessinés par l’architecte français Fernand Pouillon durant la période coloniale, mais semblent depuis n’avoir pas été entretenus. Des médiateurs, dont un imam du quartier, ont réussi à mettre fin à des échanges de jets de pierres entre jeunes, certains dans la rue, d’autres sur le toit d’un immeuble, et forces antiémeutes équipées de matraques, de casques et de boucliers. Ces derniers ont également reçu des projectiles enflammés, a constaté un journaliste de l’AFP. Quelque 300 jeunes se sont ensuite regroupés dans la rue, affirmant qu’ils y resteraient jusqu’à ce que les autorités préfectorales viennent leur annoncer un calendrier de relogement des familles. Ce problème du logement précaire est aigu et touche 500.000 familles, dont une majorité à Alger, malgré les promesses du président Abdelaziz Bouteflika de construire un million de logements durant le plan quinquennal en cours s’achevant en 2014. L’Algérie est secouée depuis des semaines par plusieurs mouvements sociaux, dont une grogne d’étudiants qui sont descendus à plusieurs reprises dans la rue, y compris mardi, contre les programmes universitaires. Les médecins en spécialisation dans les hôpitaux ont lancé une grève nationale de deux jours mardi, qui semblait bien suivie mercredi encore, selon la presse. Les pompiers et les gardes communaux ont également exprimé bruyamment des revendications salariales ces derniers jours, tout comme les salariés de la compagnie publique d’hydrocarbures Sonatrach.
En janvier, des émeutes déclenchées contre la cherté de la vie ont fait cinq morts et plus de 800 blessés.

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