Ali Boufetass : «La refonte de la rue piétonne mettra fin à l’anarchie»

Ali Boufetass : «La refonte de la rue piétonne mettra fin à l’anarchie»

Entretien avec Ali Boufetass, président de l’Association Assaffaa des commerçants des professions libérales et des services du centre-ville

Opération lifting pour la rue piétonne du centre-ville de Casablanca. Ce périmètre connu des Casablancais par «Le Prince» connaît une refonte globale lui permettant ainsi de se repositionner sur le plan commercial et urbain. Les travaux sont actuellement enclenchés dotant la rue d’une nouvelle architecture. Ce chantier vient rassurer les commerçants de la place qui face à l’anarchie qui y a sévi durant ces dernières années ont pratiquement perdu espoir. Certains d’entre eux ont même pensé à fermer boutique et trouver un quartier plus sûr pour exercer leurs activités. Ali Boufetass livre sa lecture des faits et des attentes des professionnels de ce nouveau chantier.

ALM : Le centre-ville de Casablanca fait peau neuve. Comment les commerçants de la place accueillent-ils ce chantier ?

Ali Boufetass : Nous sommes ravis que notre rêve et souhait puisse enfin être réalisé. Cela fait trois ans que nous bataillons  pour que le centre-ville puisse retrouver son lustre d’antan. Ce chantier est accueilli avec satisfaction mais toutefois avec une petite ombre de crainte puisque nous avons quand même sur le cahier des charges une année de travaux. Tout le monde appréhende cette période et on ne sait pas trop de quelle manière les travaux pourront avancer. N’oublions pas que nous commerçants avons des engagements à honorer vis-à-vis de nos fournisseurs et le fait qu’il y ait des travaux à proximité pourra freiner notre activité. Lors de la réunion que nous avons eue récemment avec les autorités locales, il nous a été confié que les travaux se dérouleront en plusieurs équipes permettant ainsi d’achever le chantier dans les délais impartis quitte même à travailler la nuit au moins jusqu’à une heure tardive le soir, tant que cela ne dérange pas les habitants. Comme dit l’adage, pour embellir il faut souffrir. Nous allons nous y mettre pour la bonne cause.

A part la durée de réalisation de ce chantier, quels ont été les autres points débattus lors de la rencontre avec les autorités locales ?

Il est utile de noter que nous nous sommes entretenus avec le gouverneur de Casa Anfa, le patron de Casa Aménagement et le staff technique du projet. Cette réunion nous a permis d’avoir une idée de ce qui va se faire  à terme. Une démonstration en 3D nous a été présentée, dévoilant ainsi la nouvelle configuration de la rue piétonne telle qu’elle est projetée. Le moins qu’on puisse dire est que la nouvelle architecture est féerique, et ce à l’instar de ce qui fait dans les grandes villes à l’étranger.  Parmi les détails dévoilés, on énumère  le changement de granit, la préservation de quelques arbres au niveau de la rue piétonne, un éclairage «sky» au lieu des lampadaires existants ainsi que l’installation de caméra avec un DVR à la fois chez la Sûreté nationale et un membre de notre bureau. Pour plus d’esthétique, l’une des deux fontaines sera complètement rasée au moment où celle en face de «Goethe Institut» sera mise à ras de sol. La nouveauté apportée par ce chantier est que les trois rues adjacentes seront également piétonnes avec une connexion allant jusqu’à la place des Nations Unies. Ces rues étaient auparavant squattées par les chauffeurs de grands taxis qui en ont fait «illégalement» un parking. Cette refonte de la rue piétonne mettra fin à l’anarchie que connaît cette place durant les dernières années, notamment avec l’installation des vendeurs ambulants et la prolifération des sans-abri. 

Quel sera l’impact de cette nouvelle architecture sur votre activité ?

L’impact ne pourra être que positif. La valeur immobilière du centre-ville va augmenter. L’impact commercial aussi. Nous espérons drainer une nouvelle clientèle et surtout attirer les franchises au centre-ville. J’espère que cette mise à niveau connaîtra un franc succès.

Quelles sont les problématiques relevées par les professionnels au niveau de ce quartier emblématique de la ville ?

Le stationnement reste la principale problématique. Déjà, en 2012, année du lancement du tramway, aucune infrastructure de stationnement n’a été prévue. Maintenant nous disposons d’un parking au niveau de la wilaya mais à mon avis cela ne règle pas le problème. Et pour cause: le manque de communication autour de cette infrastructure. De même le tarif appliqué reste cher par rapport à la grande masse. Je ne sais pas si les prix vont être revus à la baisse pour encourager les gens à venir y stationner.

En tant qu’association comment agissez-vous pour relever les défis rencontrés au quotidien ?

L’association se bat et continuera toujours à se battre pour redorer le blason du centre-ville. Maintenant que les choses vont reprendre il y a un engagement à respecter. Le deal fait avec les autorités locales porte sur trois points. La première des choses est de refaire les devantures des magasins, si besoin, au cours de cette année, et ce pour ne pas détériorer ce qui va se faire par la suite. De même, nous comptons engager 9 vigiles pour assurer la sécurité de cet espace. Le troisième point concerne l’installation des chaises d’une place qui vont être construites pour permettre aux visiteurs de la place de se reposer le temps d’un shopping. Nous allons procéder à un repérage pour identifier où ces chaises seront installées de sorte à ne pas déranger les propriétaires des magasins et leurs clientèles.

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