Ali Lmrabet rappelé à l’ordre

Ali Lmrabet rappelé à l’ordre

Les excès de plume du journaliste Ali Lmrabet ont fini par lui valoir des critiques au sein même de la profession. Cette fois, dans le pays même où Lmrabet travaille actuellement, l’Espagne en l’occurrence. Tenue du 14 au 17 avril dernier, la rencontre des journalistes méditerranéens «Almeria 2005», a été l’occasion d’épingler une nouvelle fois Lmrabet. Samedi dernier, un nouveau verdict, d’ordre moral, est tombé. Il donne suite à  sa condamnation, le mardi 12 avril, par le tribunal de première instance de Rabat à une amende de 50.000 dirhams et à l’interdiction d’exercer le métier de journaliste pendant dix ans. Il s’agit, de la résolution adoptée lors de cette rencontre à l’égard du désormais collaborateur d’«El Mundo». On peut y lire, et de la manière la plus claire, que la liberté d’expression, dont se prévaut le journaliste, passe d’abord par le respect de la déontologie et de l’éthique de la profession. «Nous devons rendre à notre profession le respect et la confiance de la société», peut-on lire dans cette résolution, présentée par la très respectée Fédération des associations de la presse en Espagne (FAPE). «Nous sommes conscients que la liberté d’expression et le respect de l’éthique inspirée de l’obligation de transmettre une information vraie et de respecter le droit à l’honneur et l’intimité des personnes sont inséparables», relève-t-on encore dans cette résolution.
La résolution a par ailleurs jugé «excessive» la décision de la justice marocaine. Une position qui rejoint celle du Syndicat national de la presse marocaine (SNPM). Ce dernier, et tout en affichant son désaccord avec le journaliste quant à «la légèreté avec laquelle il appréhende la profession», son «éthique» et son «acharnement contre les confrères», a plaidé, dans un communiqué publié la semaine dernière, pour une révision du verdict prononcé.
Il considère que le jugement a été rendu sur la base «d’un texte n’ayant aucun rapport avec le code de la presse».
 Si tel est le cas côté profession, certaines voix ont plaidé pour que cette peine soit aggravée. Parmi elles, celle d’Ahmed Khar, porte-parole officiel de l’Association des parents des sahraouis victimes de la répression dans les camps de Tindouf (PASVERTI), celui-là même qui a intenté le procès à l’issue duquel les peines précitées ont été prononcées. Un procès déclenché suite aux déclarations de Lmrabet, en janvier dernier, à l’hebdomadaire «AlMoustaqbal», où il affirme que les séquestrés de Tindouf ne le sont pas et qu’il s’agit d’un «mensonge et d’une allégation».
Plusieurs autres associations, dont l’Association «Levée du blocus sur les séquestrés dans les camps de Tindouf», jugent, dans un communiqué, «insuffisant» le verdict rendu contre un journaliste qualifié de «malhonnête et irrespectueux de la déontologie de la presse».
Un journaliste qui est loin d’être au bout de ses démêlés avec la Justice. Cette fois, c’est le tribunal de première instance de Madrid qui est saisi, officiellement et depuis mercredi 13 avril, d’une plainte pour diffamation déposée par les correspondants de l’Agence Maghreb arabe presse (MAP) en Espagne, Mansour Madani et Saïd Ida Hassan, que Lmrabet a traité d’«informateurs». La plainte a été déposée par Me Jesus Santaella Lopez. Spécialisé dans les délits de presse, cet avocat soutient que le collaborateur d’«El Mundo» a proféré des «accusations sans aucun fondement et gravement diffamatoires contre les correspondants de l’agence».
Le défenseur des journalistes de la MAP demande, entre autres, d’infliger une amende à Ali Lmrabet et de faire publier à sa charge le texte du jugement qui sera rendu sur les colonnes du journal «El Mundo» et dans deux autres quotidiens espagnols d’audience nationale.

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