Allocations familiales : Flou total pour les salariés du privé

Allocations familiales : Flou total pour les salariés du privé

Le gouvernement n’évoque que l’impact financier pour les fonctionnaires

La hausse des allocations pour les salariés du privé n’est pas une aussi simple question. En effet, elle devrait profiter à plus de deux millions d’enfants dont les parents sont actifs dans les entreprises privées.

La hausse des allocations familiales était l’annonce phare au cours des festivités du 1er mai. En l’absence d’un accord avec les partenaires sociaux, le gouvernement a officialisé sa décision d’augmenter les allocations à raison de 100 dirhams, soit un total de 300 dirhams par enfant contre 200 DH actuellement. Saâd Eddine El Othmani, chef de gouvernement, a profité de son passage lors d’un meeting de l’Union nationale du travail au Maroc (UNTM), relais syndical du Parti de la justice et du développement (PJD), pour officialiser l’annonce, faisant savoir que «l’Exécutif a décidé d’augmenter les allocations en dehors du dialogue social parce qu’il est conscient des conditions de la classe des travailleurs». De son côté, le ministre de l’emploi et de l’insertion professionnelle a été plus explicite en déclarant que la mesure profitera toujours dans le secteur public à 387.626 dans l’administration publique avec un coût financier estimé à plus de 981 millions de dirhams en plus de 68.210 fonctionnaires dans les collectivités locales (142 millions de dirhams) et 129.000 fonctionnaires dans les établissements publics (320 millions DH).

Le tout devrait donc avoisiner un peu plus de 1,4 milliard de dirhams. Qu’en est-il pour les salariés du privé? C’est le silence radio ou presque. Les responsables affirment que la hausse des allocations concernera également les salariés du secteur privé, sans plus de détails. Le chef de gouvernement s’est contenté d’affirmer que l’Exécutif demandera au prochain conseil d’administration de la CNSS (Caisse nationale de sécurité sociale) d’augmenter les allocations pour les salariés du secteur privé. Reste à connaître la position des autres partenaires sociaux qui sont également représentés au sein de ce même conseil d’administration principalement la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM).

Car la hausse des allocations pour les salariés du privé n’est pas une aussi simple question. En effet, elle devrait profiter à plus de deux millions d’enfants (ndlr: nombre qui bénéficient actuellement d’allocations d’une valeur de 200 dirhams) dont les parents sont actifs dans les entreprises privées avec un coût prévisionnel estimé à 2 milliards de dirhams si l’on ajoute les 100 dirhams supplémentaires décidés par le gouvernement dans le cadre du dialogue social. La question qui se pose aujourd’hui concerne le financement des coûts supplémentaires. Seront-ils supportés par l’Etat? Le patronat sera-t-il mis à contribution ainsi que les salariés via une revalorisation des cotisations? Ce sont là autant de questions qui restent posées en attendant le prochain conseil d’administration. La date de ce dernier n’a pas encore été fixée mais il doit avoir lieu avant fin juin, soit quelques semaines après les élections tant attendues à la CGEM pour choisir un nouveau tandem présidentiel. Si la décision finale reviendra bien évidemment au gouvernement concernant les allocations familiales pour les salariés du privé, les autres partenaires sociaux auront, sans nul doute, leur mot à dire…

Dialogue social : Les syndicats veulent un cadre juridique

Les centrales syndicales ont appelé le gouvernement à mettre en place un cadre juridique régissant le dialogue social débouchant sur de «véritables et productives négociations collectives». Il s’agit de l’une des mesures contenues dans le dossier revendicatif des syndicats qui comprend également l’amélioration des revenus et du salaire minimum interprofessionnel garanti, ainsi que la protection des libertés syndicales, l’institutionnalisation des négociations collectives et la généralisation de la couverture médicale.

Cet appel intervient à un moment où les syndicats ont été unanimes à considérer les propositions du gouvernement faites lors du dialogue social en deçà des aspirations des travailleurs. Les négociations menées au cours des dernières semaines n’ont pas permis d’aboutir à un accord entre les partenaires sociaux. Cela dit, ces derniers affirment que le dialogue doit continuer pour trouver un consensus.

Proposition gouvernementale

Dans une allocution adressée à la classe ouvrière à la veille de la célébration de la fête du travail, le ministre de l’emploi et de l’insertion professionnelle, Mohamed Yatim, est revenu sur le proposition gouvernementale faite aux partenaires sociaux.

Le gouvernement a proposé la création d’un nouveau grade de promotion concernant les fonctionnaires, classés dans les échelles 8 et 9 et d’augmenter la prime de naissance de 150 DH à 1.000 DH, à partir du 1er juillet 2018, a-t-il fait savoir. Le gouvernement est déterminé à œuvrer pour améliorer les conditions des travailleurs, tout en accordant la priorité aux catégories les plus vulnérables, a-t-il souligné, affirmant que les centrales syndicales les plus représentatives et la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) resteront des partenaires stratégiques dans les divers chantiers sociaux.

Le gouvernement a décidé, avec les centrales syndicales et la CGEM, de poursuivre le dialogue en vue de parvenir rapidement à un accord final sur la signature d’une déclaration commune.

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