Alvaro de Soto chez le polisario

Alvaro de Soto chez le polisario

Le polisario veut faire peur au représentant spécial de Kofi Annan au Sahara. Présent le 12 septembre à Tindouf en Algérie, le Péruvien Alvaro de Soto a pu mesurer la distance qui sépare la position des Marocains de celle des polisariens. L’un d’eux, qui se coiffe de la qualité de Premier ministre, a choisi un ton menaçant pour parler à la presse de sa rencontre avec Alvaro de Soto. Il a «averti» que le plan Baker «ne peut être ni remodelé ni réajusté». «C’est un tout à prendre ou à laisser», a expliqué Abdelkader Taleb Oumar. Le représentant onusien a pu également mesurer le fossé qui sépare le ton posé et poli des responsables marocains de celui quasi-voyou des chefs du polisario. Leur ton a au moins le mérite de clarifier les choses. Le polisario s’accroche au plan Baker II, alors que le Maroc le juge obsolète et inapplicable.
Lors de sa première prise de contact officielle avec les autorités marocaines, le nouveau représentant spécial de l’ONU a été reçu, le 6 septembre à Meknès, par SM le Roi Mohammed VI. Le Souverain lui avait rappelé l’engagement du Maroc à oeuvrer avec les Nations-unies et les différentes parties concernées pour parvenir, au plus tôt, à une solution politique négociée dans le cadre de la souveraineté du Royaume, du respect de son intégrité territoriale et de ses principes fondamentaux.
Le plan auquel se cramponne le polisario est rejeté par le Maroc. Par ailleurs, l’arrivée du diplomate péruvien à Tindouf a été précédée d’un jour par celle du secrétaire des relations extérieures du Parti Populaire (PP) espagnol, Jorge Moragas. Ce dernier a expliqué au quotidien espagnol La Razon les raisons de son déplacement, samedi dernier, chez le polisario. Il a ressorti la formule qui était très en vogue, du temps où M. Aznar dirigeait le gouvernement espagnol, mais en l’allongeant de quelques mots : «le droit du peuple sahraoui à se prononcer sur son futur à travers un référendum d’autodétermination qui inclut comme option le droit à l’indépendance». M. Morgas n’a pas fait de mystère toutefois sur les véritables motifs de son déplacement à Tindouf : «ce voyage permettra aux dirigeants sahraouis de savoir la position du parti d’opposition espagnol, au moment où la présidence de Zapatero déploie une politique extérieure confuse, notamment envers le conflit du Sahara».
Le parti populaire espagnol exploite ainsi le dossier du Sahara pour régler ses comptes avec le parti socialiste. Son hostilité pour le Maroc ne se dément donc pas – même après le départ de M. Aznar. Mais cette hostilité n’engage plus le gouvernement espagnol. Et SM le Roi a fixé une échéance de cinq ans pour résoudre le conflit du Sahara. D’ici-là, il y a très peu de chance pour que les ténors du PP trouvent le temps pour obstruer le cours normal et légitime des choses. L’agitation et le ton menaçant du soi-disant Premier ministre du polisario, qui s’est entretenu avec Alvaro de Soto, est une preuve supplémentaire du désarroi de ceux qui cherchent à différer l’échéance d’une fin.

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