Amal Ziadi : «Nous projetons de créer la Maison de l’élue»

Amal Ziadi : «Nous projetons de créer la Maison de l’élue»

ALM : Quel rôle peut jouer l’association Mouvement des femmes du Maroc dans la nouvelle dynamique politique ?
Amal Ziadi : En avril 2008, je me suis réunie avec plusieurs militantes et nous avons décidé de créer une association qui milite pour les droits de la femme. Une association ouverte à toutes les femmes avec ou sans étiquette politique. Plusieurs femmes ont répondu présent à notre initiative. En tant qu’association, nous avons milité pour le quota. Nous avons toujours revendiqué l’amélioration de la représentativité des femmes au sein des instances politiques. Nous avons demandé de réserver le tiers des sièges du Parlement aux femmes. Le taux décidé par le gouvernement reste un grand pas. En plus, nous avons milité pour le soutien des femmes qui se présenteront aux élections sans étiquette politique. Nous avons obtenu gain de cause auprès du ministère de l’Intérieur. Nous militons pour renforcer la présence de la femme dans les instances politiques. Nous avons actuellement comme projet de mettre en place la Maison de l’élue, une institution qui prépare la femme, candidate aux élections, à la gestion locale.

Quelle évaluation faites-vous de la condition féminine au Maroc ?
Il y a lieu de souligner le soutien particulier que SM le Roi Mohammed VI n’a cessé d’apporter à la cause féminine depuis son accession au Trône. Ce qui a été réalisé est un pas de géant. Grâce à la nouvelle Moudawana, l’équilibre familial est enfin réalisé. Il a été corroboré par la réforme du Code de la nationalité, la levée des réserves sur la convention relative à l’élimination de toutes formes de discrimination à l’égard des femmes et la révision à la hausse du taux de représentativité politique des femmes (12%). Tous ces acquis ne pouvaient être réalisés si on devait compter sur nos propres efforts. Vraiment, il y a eu une grande avancée grâce au soutien de SM le Roi.

Que doit, maintenant, faire la femme pour renforcer ces acquis ?
Comme je viens de le signaler, un grand pas a été franchi, mais il reste tant à faire. Pour cela, nous devons militer davantage. Les femmes doivent s’entraider. Elles doivent militer pour préserver les acquis et aller de l’avant. SM le Roi nous a offert un très beau cadeau et c’est à nous maintenant de continuer. Toutes les femmes sont concernées, même celles qui ne travaillent pas. Les femmes au foyer ont une tâche importante à accomplir. Il s’agit de l’éducation des enfants. Des enfants bien éduqués sont à la base de toute réforme de la société.

Que cherchez-vous con-crètement par votre engagement politique ?
Fille de feu Abdessalam Ziadi qui a servi au sein du ministère de l’Intérieur et de Fatima Afaf qui était une résistante, depuis mon jeune âge je n’ai entendu parler que de politique au sein de ma famille. Très tôt, je me suis intéressée aux lectures politiques comme j’ai participé aux grandes manifestations nationales et internationales. Lors de la Marche Verte, j’étais parmi les jeunes qui ont manifesté dans les rues de Rabat pour défendre la marocanité du Sahara. J’ai obtenu ma licence en économie à Grenoble. Cette ville était un fief de l’UNEM. Je suis rentrée au Maroc en 1987. J’ai effectué un stage d’une année à Radio France Internationale. Ce stage m’a permis de rencontrer plusieurs personnalités.

Quand est-ce que vous êtes-vous engagée dans l’action politique ?
C’était le jour où mon père est mort. C’est en 1994 que mon vrai parcours politique a commencé. J’ai intégré le Mouvement national populaire (MNP) en 1995. Je voulais que le nom de mon père perdure sur la scène politique nationale. J’étais la plus jeune femme du parti. En 1997, j’ai pu obtenir la tête de liste de la Chambre de commerce de Rabat. En 2001,  j’ai quitté le MNP et on a constitué l’Union démocratique (UD). Sous les couleurs de l’UD, je n’ai pas pu intégrer le Parlement car j’ai été écartée de la liste nationale.
Après la fusion entre l’Union démocratique et le Mouvement populaire, j’ai intégré les rangs du MP au sein duquel j’ai créé le Mouvement du droit de la femme à la pratique politique.

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