Amnistie économique : Indignation

Suite à votre éditorial paru dans l’édition du 26 au 28 décembre 2003, je vous écris pour vous faire part de ma profonde indignation ainsi que celle de tous les membres de ma famille suite a votre proposition de quasi-amnistier ceux qui sont responsables depuis des années de détournements, de malversations, ou plus simplement de l’état actuel de nos entreprises publiques.Vous écrivez «le Maroc a plus besoin d?argent que d?hommes en prison pour avoir détourné les deniers publics.» Si le Maroc pouvait avoir les deux, et il le peut, ce serait non seulement appliquer la loi, mais ce serait aussi montrer non seulement aux investisseurs étrangers, mais également aux citoyens de ce pays, et qui se font du sang d?encre pour lui, que ce pays change vraiment, et que, plus jamais, des gens ne doivent se sentir protégés ou supérieurs aux autres devant la loi.
Vous écrivez également «Il est donc plus judicieux pour les pouvoirs publics que pour les contribuables que ces affaires de détournement soient traitées comme l?ont été celles des droits de l’homme». Votre argumentaire repose sur une comparaison honteuse entre les responsables des années de plombs, et qui, ils le savent, ne seront jamais inquiétés (ils deviennent tous subitement de simples exécutants que l?on a obligés malgré eux a faire des choses qu?ils détestaient faire), et ces responsables du désastre économique actuel qu?il faudrait gracier afin qu’ils rendent ce qui n?est pas a eux, ou pire, qu’ils l?investissent dans leur pays (afin de devenir plus riches encore mais légalement cette fois sans doute).
Cette idée est inacceptable. L?état doit négocier non pas l?acquittement ou non de ces criminels, mais quelle réduction de peine ils peuvent espérer à condition qu?ils rendent l?argent volé. Vous le savez aussi bien que moi, acquitter ces gens, c?est encourager ceux qui sont tentés de faire comme eux. C?est la meilleure façon de se retrouver avec des affaires comparables dans dix ou vingt ans.
Finalement, sachez monsieur que devant notre doute grandissant sur l?indépendance de votre ligne éditoriale, nous avons décidé de ne plus acheter votre quotidien.

• Mouncif Bel Fekih

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