Angel Colom : « Je reste au Maroc »

Angel Colom : « Je reste au Maroc »

Le nouvel Exécutif catalan dirigé par le socialiste Pasqual Maragall vient de rompre avec plus de 23 ans d’amitié avec le Maroc en procédant à la fermeture de la Délégation du gouvernement de la Catalogne à Casablanca.
La décision a été accueillie avec étonnement à Rabat puisque cette représentation qui s’apprêtait à souffler sa première bougie avait réussi à donner une nouvelle impulsion aux relations maroco-catalanes.
Inaugurée le 25 mars 2003 par Artur Mas, alors conseiller en Cap (Premier ministre du gouvernement autonome de la Catalogne), cette représentation était une idée de l’ex-président de la Generalitat (gouvernement catalan), Jordi Pujol, un grand ami du Maroc.
Ce leader politique, qui a dirigé la Catalogne durant plus de 23 ans, a réussi durant ses années de gouvernement à faire des relations entre Rabat et Barcelone un exemple à suivre dans le domaine de la coopération transfrontalière qui va au-delà des intérêts économiques et se situe dans un cadre global d’amitié et d’ambition commune. Et c’est pour cette raison qu’il avait décidé de nommer à la tête de cette délégation l’une des figures emblématiques de la vie politique en Catalogne. Il s’agit d’Angel Colom, l’un des plus célèbres militants du nationalisme catalan. Pujol lui confia la mission de donner une nouvelle impulsion aux relations maroco-catalanes. Une mission que Colom assumera avec enthousiasme durant presque une année puisque la Délégation allait fêter son premier anniversaire le 25 mars.
Durant ces onze mois, la Délégation de la Generalitat a démarré plusieurs projets de coopération dans plusieurs domaines. En économie, plus de soixante entreprises catalanes voulant investir au Maroc ont visité la Délégation catalane. Aussi, doit-on mentionner la signature de plusieurs accords de coopération entre des institutions catalanes et des organismes marocains. Toutefois, le projet le plus important demeure le programme d’enseignement de la langue catalane qui a intéressé des centaines de jeunes marocains. En effet, plus de 600 jeunes suivront les cours de catalan alors que plus de 3000 demandes d’inscription figurent sur une liste d’attente. Certains sont même arrivés au troisième niveau de formation.
Aujourd’hui, tous ces jeunes se sentent trahis par le gouvernement catalan qui a décidé du jour au lendemain d’avorter tout un projet sans aucune explication raisonnable. Certes, l’actuel président de la Generalitat a déclaré que la décision était dictée par des contraintes budgétaires, mais la vérité est autre.
Artur Mas, ex-Premier ministre catalan et leader de « Convergencia i Unio » ira jusqu’à accuser l’actuel gouvernement socialiste de jouer « le jeu du Parti Populaire (PP) » qui, rappelons-le, adopte une politique hostile au Maroc. D’ailleurs, la fermeture de la Délégation catalane à Casablanca n’est pas la seule manifestation de changement d’attitude envers le Maroc.
La nouvelle équipe gouvernant à Barcelone vient de changer de politique à l’égard de l’affaire du Sahara marocain puisque l’un des Conseillers de la Generalitat s’apprête à se déplacer à Tindouf pour manifester son soutien aux séparatistes su Polisario.
Une décision qui n’étonne pas les observateurs de la vie politique espagnole qui s’attendaient à une initiative pareille de la part de ce gouvernement qui est allé jusqu’à négocier en secret avec les terroristes basques de l’ETA. S’agissant du désormais ex-Délégué du Gouvernement catalan auprès du gouvernement marocain, Angel Colom, qui ne cache pas sa tristesse pour la fermeture de cette représentation, il a décidé de s’installer au Maroc où il compte initier un projet de centre culturel catalan privé afin de continuer le travail initié par la Délégation en matière de rapprochement culturel entre les deux civilisations marocaine et catalane. Il est à signaler aussi que la décision de fermeture de la Délégation a été très mal reçue dans les milieux de la communauté catalane installée au Maroc. « Vivement les prochaines élections », disent-ils.
Ainsi, la politique du gouvernement central espagnol a réussi encore une fois à saboter un projet de rapprochement culturel entre les deux rives du détroit de Gibraltar. Mais, il faut avouer que la pression exercée par Madrid sur Barcelone n’aurait jamais réussi si elle n’avait pas trouvé en face un président aussi faible et politiquement instable comme Pasqual Maragall.

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