Approche novatrice

Le collectif société civile, constitué de 13 personnalités de la société civile et de représentants d’associations connues sur la scène nationale, affirme tout de go son indépendance morale et matérielle. Son initiative, qui ambitionne de fédérer d’autres associations et personnalités, vise à contribuer à «l’émergence d’une solution équilibrée et porteuse d’avenir pour la question du Sahara». l’objectif, affirment les membres du collectif, n’est pas de se prononcer sur des solutions précises, qui sont du ressort du politique, mais tout simplement de faire émerger certains principes pouvant constituer une approche novatrice de la problématique, qui fera l’objet d’un dialogue positif avec toutes les parties, «principalement la société civile maghrébine dont la composante proche du polisario ouverte au dialogue».
L’approche met en avant une sensibilité marocaine, mais cherche avant tout à mettre en évidence une analyse objective de la situation à travers le point sur le positionnement international concernant le conflit, une réflexion sur les facteurs déterminants des positions des parties au conflit et un rappel des positions de principe.
Au niveau international, les membres du collectif estiment que les deux grands blocs, les USA et l’Europe, «ont quelque part intérêt à ce que ce conflit soit cerné de façon à avoir un interlocuteur important au niveau du Maghreb». La France et l’Espagne, étant, pour leur part, directement intéressées par la stabilité du Maghreb pour des considérations d’histoire, de géostratégie et d’émigration.
Pour le Maroc, la légitimité territoriale, assure-t-on, «dépend d’abord de facteurs historiques et de liens de souveraineté». Elle découle ensuite du principe de l’intangibilité des frontière héritées de la colonisation. Deux facteurs qui militent en faveur du Maroc, «surtout que les organisations sahraouies ont toujours et jusqu’au début des années soixante-dix, réclamé le rattachement du Sahara au Royaume du Maroc».
Seules des considérations liées au bon voisinage avec l’Algérie, ainsi que des considérations politiques internes et externes, ont poussé les gouvernements marocains à ne pas lier la lutte et la proclamation de l’indépendance à la récupération de ces territoires.
«Ce qui était une erreur». Cependant, un fait indéniable, est l’unanimité du peuple marocain sur la question, ce qui fait que «toute solution ne tenant pas compte de cette donnée, est porteuse de crise. Pour l’Algérie, une partie de la classe politique et la grande majorité des composantes de la société civile, manifestent une amitié réelle et profonde au peuple marocain et se prononcent pour la construction du Maghreb. Au moment où, pour des considérations de politique interne, d’analyse géostratégique et peut être pour des raisons de ressentiment, une partie des autorités algériennes, «privilégie encore la mise en évidence du conflit du Sahara comme échappatoire présente et potentielle pour éviter les dérapages internes». Quant au Polisario, le collectif rappelle que bon nombre de ses militants etaient, au début, partisans d’une part du rattachement du Sahara au Maroc et d’autre part de la lutte pour la démocratie et le développement du Royaume. Malheureusement, «les premières hésitations du Maroc et l’intérêt manifesté à la problématique par l’Algérie et quelque part par l’Espagne, vont entraîner une distanciation, puis des revendications qui vont a l’encontre de la souveraineté du Maroc». Il reste que si un certain nombre de sahraouis croient «pour des raisons objectives ou subjectives liées à la propagande, à l’idée d’indépendance, beaucoup d’entre eux vivent en situation où l’expression démocratique est absente».
En fonction de tous ces éléments, le collectif se prononce pour la démocratie au sens universel du terme à l’échelle maghrébine, l’autodétermination et la construction du grand Maghreb, demande « à nos gouvernants » de ne pas utiliser la question du Sahara « comme moyen de contourner des problèmes internes » et rappelle qu’au delà des principes de base, «tout est négociable dans le cadre de la souveraineté marocaine et de la construction du Maghreb des régions». En somme, le «collectif société civile» milite pour une solution qui va dans le sens de «ni vainqueurs, ni vaincus», privilégie la démocratie réelle et la construction du Maghreb.

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