Arrêter le processus de désertification

La dégradation correspond au changement graduel de la consistance et de la structure des écosystèmes naturels, affectant ainsi à court terme sa productivité et pouvant aboutir à long terme à la disparition de l’écosystème à travers le processus de désertification. Elle provient en général de l’action anthropozoogène amplifiée par les conditions difficiles du climat. La résolution d’un problème quelconque passe par l’identification des causes qui l’ont engendré auxquelles on s’attellera à trouver des solutions adéquates.
Donc la recherche d’une stratégie pour la conservation et le développement des écosystèmes rifains passent par l’éradication ou l’atténuation des différentes causes du phénomène tout en intégrant les interactions qui sont susceptibles d’exister entre elles, car parfois la solution à un problème peut découler de la résolution d’un autre. Les politiques et actions à mettre en oeuvre devraient converger vers les facteurs maîtrisables et susceptibles de modification en prenant en compte le fait que les multiples causes n’aient pas toutes le même poids ; d’où la nécessité de les hiérarchiser en veillant à exploiter d’une manière judicieuse les différentes interactions existant entre les causes principales et les causes intermédiaires afin de minimiser les coûts d’intervention.
Dans ces conditions, on ne peut parler de la conservation et du développement des écosystèmes naturels sans s’attaquer à la cause première de la dégradation : le facteur humain. En définitive, la perspective de la conservation et du développement des écosystèmes arides ne peut se concevoir réellement que par la prise en compte et l’intégration de la composante sociale dans la politique d’aménagement. Donc au lieu d’envisager le développement de l’écosystème, il est impératif de viser le développement rural global et intégré, c’est-à-dire associer la population à la gestion des ressources tout en veillant à améliorer sa condition de vie, en prenant en compte ses besoins. C’est le seul moyen de la motiver à participer à la gestion rationnelle et durable des ressources naturelles.
Dans la plupart des cas, la mauvaise gestion des ressources naturelles n’est pas due à une inconscience de la part des ruraux mais plutôt au fait que ceux-ci sont soumis à des conditions de vie précaires, avec des besoins urgents et vitaux à satisfaire au quotidien. Aussi, ceux-ci, ont du mal à assurer leur subsistance sans puiser dans les ressources qui sont à leur disposition. Donc il convient de s’attaquer aux problèmes de la pauvreté dans le monde rural afin de conserver et développer, indirectement le patrimoine naturel. Ceci peut se faire par la mise en place d’une politique d’identification de tous les aspects sociaux susceptibles d’entraver le bien-être des écosystèmes arides et pastoraux avec pour objectif final de trouver des solutions techniquement valides, socialement acceptables et écologiquement viables.
Tout en veillant à une diversification des alternatives de sources de revenus pour soulager les écosystèmes naturels de la pression qui est exercée sur eux. Le schéma logique à retenir serait une harmonisation par l’Etat, sur le plan global, des politiques de développement intégré et des actions à mettre en oeuvre tandis que les associations issues du monde rural et les ONG s’occuperaient des actions à mettre en oeuvre à petite échelle. C’est d’ailleurs l’axe stratégique adopté par le Plan d’Action National qui préconise plus un travail de partenariat entre les différents acteurs de développement.
Cependant, quoique que séduisante dans sa conception, cette stratégie doit prouver sa pertinence dans la réalisation car il y a beaucoup d’obstacles à lever avant d’arriver à une véritable gestion partenariale des ressources naturelles.

• Mohamed Qarro
Docteur Ingénieur des Eaux et Forêts

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