Asilah : Le petit commerce en berne

Asilah : Le petit commerce en berne

La baisse de fréquentation affecte négativement les chiffres d’affaires

Contrairement aux deux mois de juin et d’août, où les commerces de la grande partie d’Asilah connaissent une importante activité, ceux de la plupart des quartiers de la ville voient leur fréquentation diminuer pendant le reste de l’année.

En cette période hivernale, la ville blanche voit la plupart de ses activités commerciales battre de l’aile. A l’exception de certains vendeurs de produits de contrebande ainsi que de petits restaurateurs et cafetiers, les représentants d’autres commerces de détail n’arrivent pas à tirer leur épingle du jeu. «Nous connaissons pendant cette période une baisse de fréquentation, affectant ainsi négativement notre chiffre d’affaires. Nous devons avoir recours au crédit afin de continuer d’exister, dans de tels cas, sur le marché», selon un vendeur de prêt-à-porter.   Contrairement aux deux mois de juin et d’août, où les commerces de la grande partie d’Asilah connaissent une importante activité, ceux de la plupart des quartiers de la ville voient leur fréquentation diminuer pendant le reste de l’année. «Nous connaissons une certaine reprise à l’occasion des fêtes religieuses ou de la rentrée scolaire. Il n’en empêche que nous n’arrivons pas jusqu’à présent à gagner la confiance d’une partie de la clientèle zaïlachie qui continue de faire les emplettes de l’Aïd et d’autres occasions à Tanger», rapporte la même source.

Asilah continue de souffrir du tourisme de passage

Même pendant les fêtes du Nouvel An, la plupart des commerçants de la ville disent n’avoir pas connu une reprise de leur activité. Les hôteliers rapportent qu’ils n’ont pas constaté à cette occasion une amélioration de leur taux d’occupation comme c’était le cas il y a une dizaine d’années. Et ce à cause du tourisme de passage dont Asilah continue de souffrir. A l’exception d’un certain nombre de pâtissiers et restaurateurs qui voient leurs ventes augmenter pendant cette période des fêtes. «Nous profitons de l’occasion pour préparer un grand nombre de tartes qui connaissent une forte demande uniquement le jour du Nouvel An. Pour le reste de l’année, nous souffrons du manque d’activités en raison de l’absence de la culture de la pâtisserie chez les Zaïlachis, mais aussi du faible pouvoir d’achat de la plupart d’entre eux», déplore un pâtissier. Le boulevard Hassan II demeure, en cette période hivernale, grâce à sa position géographique et la présence du marché Anoual avec son grand nombre de commerces, le lieu le plus fréquenté de la ville, mais à un niveau inférieur à celui réalisé pendant la période estivale.

Certains quartiers semblent désertés

Les commerçants d’autres quartiers de la ville préfèrent fermer leurs magasins bien avant la prière d’Al Maghrib. «Certains quartiers de la ville semblent désertés du fait du manque d’activités. J’ai quelquefois peur de marcher seule dans ces quartiers même en plein jour», souligne Hafida, une habitante de l’ancienne médina. Certaines  petites commerçantes se disent obligées, pendant cette période creuse, de travailler pour les autres ou pour leur propre compte (dans la couture, la broderie,…) ou encore rester à la maison. Elles préfèrent ainsi reprendre leur activité pendant la saison estivale, où le secteur renoue avec la reprise. C’est le cas d’Aouatif qui vend des bijoux de fantaisie et autres accessoires pour femmes dans un magasin, propriété de son père. «Je me sens chanceuse d’être dispensée de payer le loyer, l’eau et l’électricité. J’ai décidé, avec le temps, d’exercer mon activité pendant la période estivale, où j’ai réussi à faire une partie de ma clientèle parmi les visiteurs. Et je ne suis pas surprise de voir quelquefois des hommes venir acheter de chez moi quelques accessoires comme des attaches ou des produits pour cheveux», dit-elle. Ce manque d’activité à Asilah décourage l’ouverture d’un certain nombre de petits supermarchés, dont les propriétaires avaient annoncé il y a longtemps leur mise en service. Alors que beaucoup de Zaïlachis préfèrent faire leurs emplettes dans les grands centres commerciaux de Tanger.

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