Asilah : Les bazaristes mettent le paquet sur la saison estivale

Asilah : Les bazaristes mettent le paquet sur la saison estivale

Les professionnels fins prêts pour répondre aux attentes de la clientèle

Situés pour leur majorité dans la rue du commerce (plus communément connue sous le nom Al-Kharazine), l’une des plus anciennes et visitées de la médina, les bazars à Asilah connaissent depuis la dernière semaine de Ramadan un certain dynamisme grâce aux achats des habits traditionnels aussi bien de la part des Zaïlachis que des visiteurs nationaux et étrangers. Ce dynamisme amène les bazaristes à s’attendre à une amélioration de leur business pendant la saison estivale. A cet effet, la plupart des professionnels sont bien approvisionnés et déjà prêts pour répondre aux attentes de leur clientèle dont le nombre est généralement pendant cette saison estivale en augmentation constante.

Le secteur renoue petit à petit avec la croissance

Après une longue période de léthargie, «nous continuons de renouer petit à petit avec la croissance, plus particulièrement à partir de la Semana Santa (fêtes de Pâques). Nous connaissons généralement une grande demande des djellabas et babouches pendant la dernière semaine du Ramadan. Le secteur réalise le pic de sa croissance pendant les deux mois de juillet et août», rapporte Mohamed Bel Harradia, bazariste, dont le père et grand-père ont exercé, tous les deux, comme artisans et vendeurs des articles du cuir (tels que la célèbre babouche traditionnelle) à Al-Kharazine.

Témoin d’une partie de l’histoire de la ville, la rue du commerce mérite le détour non seulement par ses bazars, qui enchantent les visiteurs avec leur aspect spécifique d’une caverne de l’artisanat, mais aussi par sa position géographique entourée des remparts de la médina et à proximité des plus prestigieux monuments historiques de la ville blanche.

Al-Kharazine connaît en été une grande affluence des estivants

Ce quartier est situé notamment au pied de la tour Kamra et à quelques pas de Bab Bhar et non loin du Palais Raïssouni (dont les locaux furent construits en 1910) et le Borj Krikia. Al-Kharazine connaît en été une grande affluence des estivants aussi bien nationaux qu’étrangers, qui viennent pour faire leurs achats d’articles d’artisanat, mais aussi pour admirer l’architecture typique du plus ancien quartier commercial de la ville. Les bazaristes racontent non sans fierté l’histoire d’Al-Kharazine, où coexistaient harmonieusement des artisans musulmans et juifs. La plupart d’entre eux exerçaient des métiers de tisserand ou de cordonnier traditionnel (fabricants de babouches et de sandales du cuir pour hommes ou femmes), alors qu’Asilah ne disposait pendant la période du protectorat espagnol et bien après l’indépendance que d’une seule tannerie destinée à servir à l’époque l’ensemble des professionnels de la petite ville blanche. «La profession, en particulier la filière du cuir, est entrée dans une phase de dégradation à la mi-décennie 60, après le départ des artisans juifs. Beaucoup de professionnels ont choisi de quitter définitivement le métier ou se convertir en bazaristes», témoigne Mohamed Zirad, ancien artisan d’Al-Kharazine, qui a dû en 1990 jeter l’éponge et partir travailler à Tanger, avant de choisir il y a quelques années de revenir pendant chaque été pour y exercer comme artisan-vendeur des babouches et sandales traditionnelles du cuir.

Ces bazars attirent des célébrités et invités du Moussem d’Asilah

La plupart des ateliers d’artisanat Al-Kharazine se sont transformés dans leur majorité en bazars, dont les plus anciens d’entre eux ont débuté par l’approvisionnement des clients de l’ex-camping Safari. Les professionnels ont réussi avec le temps à diversifier leur clientèle, composée des Marocains et des étrangers, dont des célébrités et invités du Moussem d’Asilah. «Nous avons l’habitude de nous approvisionner des célèbres artisans d’Essaouira, Marrakech, Fès, Taroudant, Taghazoult, Tiznit, Chefchaouen et Tétouan pour être à la hauteur du goût de notre clientèle», souligne M. Bel Harradia. 

Les professionnels se disent ne pas pouvoir profiter pleinement de la saison estivale parce que contrairement aux autres destinations, Asilah manque grandement d’animation et d’infrastructures pour pouvoir attirer plus de visiteurs. Avec l’absence des hôtels cinq et quatre étoiles, «la ville continue d’accueillir des clients à moyens et petits budgets. La création de quelques maisons d’hôtes par des Européens a joué un peu en faveur du tourisme en général», selon les professionnels de la place.

En raison du traditionnel aspect saisonnier de la ville, les bazaristes font de leur mieux pour augmenter leur chiffre d’affaires pendant cette saison estivale.

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