Assistance fatale

Abdelhak , âgé de trente-deux ans, ne rate pas un jour sans s’arrêter près du commerce de Larbi, à Boutferda, dans la région de Kasbat Tadla. C’est le lieu où les jeunes de cette localité passent leur troisième temps, notamment après leur job. C’est le centre de rencontres, de conversations, d’échange d’informations concernant la localité et ses habitants. Larbi s’y est habitué depuis son enfance. Il est issu de cette localité. C’est là qu’il est né en 1972, qu’il a poursuivi ses études jusqu’au niveau du la sixième année de l’enseignement fondamental, qu’il a appris à fumer du haschisch et à s’enivrer, où il a participé à des bagarres, qui lui ont coûté quelques mois de prison ferme. Il devait par la suite rejoindre son père pour l’aider dans son commerce. Bref, il ne peut pas rentrer chez lui avant de bifurquer par le commerce de Larbi. Personne, ni Larbi ni les autres jeunes de la localité, ne savaient pourquoi Abdelhak déteste et méprise tant Louardy. Âgé de trente-deux ans, ce dernier jouit d’une bonne réputation au douar. Depuis qu’il a quitté l’école à un niveau primaire, il a commencé à fréquenter les champs agricoles pour gagner sa vie et aider sa famille. En fin de journée, il ne rate pas, lui aussi, le commerce de Larbi. Il ne parlait à personne, il se contentait d’écouter et sourire. Tout le monde sait qu’il ne parle que rarement depuis son enfance. D’abord, il n’a jamais joué avec eux, ni aux cartes ni au footbll. Il se contentait de regarder. Pas plus. «Je ne sais pas pourquoi tu acceptes que Louardy soit parmi nous, près de ton commerce…Vraiment je l’abhorre au point que je pense parfois à le tuer…Comme ça, sans raison…», confie Abdelhak à Larbi. Les paroles d’Abdelhak n’ont pas tardé a contaminer Larbi. « Moi aussi je le déteste et je vais m’en charger», lui répond-il sans réfléchir. Le lendemain en fin de journée, comme à l’accoutumée, les jeunes du douar étaient sur le lieu, près du commerce de Larbi, quand Louardy vint les rejoindre. «Va te faire f…!», lui lance Larbi sur un ton menaçant. Surpris, Louardy ne sait quoi faire. Il n’a pas réagi et resté bouche-bée durant quelque secondes avant de répondre: « Je suis là comme les autres, en plus que je n’ai rien fait de mal ». Hors de lui, Larbi avance vers Louardy et lui demande de s’en aller. «Sinon, je vais te rééduquer », lui dit-il sur un ton très nerveux. N’avalant pas ce mépris, Louardy est resté planté sur place. Les jeunes du douar ne bougent plus, se contentant de regarder et de rire comme s’ils étaient tous d’accord pour chasser Louardy. Face-à-face, Larbi n’a pas hésité à lui lancer un coup de poing, le touchant à l’oeil droit, puis un second pour que Louardy soit envoyé par terre. Une fois relevé, Larbi lui a donné un coup de pied sur le ventre au point qu’il a vomi. Personne n’a régit et Louardy est resté par terre avant de se relever quelques secondes plus tard pour tenter de s’en aller. A ce moment son frère, Haddou, quarante ans, père de quatre enfants, apparaît. Qui l’a alerté ? Personne ne sait. Sans demander des explications, il s’est avancé au devant de Larbi et lui a asséné un coup de poing. Perdant tout contrôle, Larbi a sorti un couteau et tenté de le frapper. Haddou a esquivé le coup dans un premier temps. Mais, il n’a pu résister longtemps avant d’être poignardé au niveau du ventre, puis au cou avant de s’effondrer, gisant dans une mare de sang. Alertés les éléments de la Gendarmerie Royale se sont dépêchés sur les lieux et ont arrêté Larbi qui a été déféré devant la Chambre criminelle près la Cour d’appel de Beni Mellal, alors que Abdelhalk a été retenu simplement comme témoin.

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