Être ministre au Maroc

Rien n’a jamais été écrit sur la fonction ministérielle ni sur le profil des heureux élus. Rien, jusqu’à ce qu’une constitutionnaliste, férue de politique, ne choisisse d’explorer ce monde de lambris et de pouvoir et qu’elle donne à lire dans un ouvrage qui vient de paraître, « Les ministres dans le régime politique marocain ». Du premier gouvernement M’barek Bekkaï formé le 7 décembre 1955 et chargé de négocier l’Indépendance jusqu’au dernier gouvernement Mohamed Karim Lamrani de 1992, la ministrabilité a une histoire. Son histoire. « Les quatre premiers gouvernements marocains –les deux premiers Exécutifs Bekkaï en 1955 et 56, le gouvernement Balafrej en 1956 et le gouvernement Abdallah Ibrahim en 1958- formaient une période assez différente de celles qui allaient suivre. Une nouvelle période allait être inaugurée avec les gouvernements royaux présidés par Mohammed V puis Hassan II. De 1960 jusqu’en 1972, avec le gouvernement Osman, une nouvelle page s’ouvre : la fin de l’état d’exception et les deux coups d’état. Dès 1972, on a fait appel à une certaine alternance avec la lettre qui a été adressée par Hassan II aux partis politiques », explique Mme Messaoudi. Question : Y a-t-il des ministres qui ont marqué l’histoire gouvernementale, malgré une très mince marge de manoeuvre ? «Si certains sont passés inaperçus malgré la longévité de leur carrière, l’histoire a retenu le nom de certains ministres parce qu’ils ont probablement su exploiter à leur avantage cette marge», répond l’auteur. Contrairement à l’idée reçue selon laquelle les ministres sont inamovibles, la durée de vie d’une carrière ministérielle est de deux ans. Les portefeuilles ministériels ont leurs recordmen. Nombre de ministres sont restés à leurs postes en moyenne entre 5 et 10 ans. Y a-t-il une vie après celle de ministre ? «La majorité d’entre eux sont nommés ministres de nouveau. De manière générale, ils accèdent toujours à de hautes fonctions dans la diplomatie ou dans les entreprises publiques. Rares sont les ministres qui ont fait un retour en arrière, exemple un ministre qui était architecte et qui retourne à l’architecture » affirme Mme Messaoudi.

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *