Attentats : Causes et conséquences

Essayer de comprendre les raisons et de prévoir les conséquences des attentats de Casablanca. Tel est l’objectif de la journée d’étude qui a eu lieu samedi dernier à Rabat. Organisée par Convergences 21 sous le thème «Attentats de Casablanca : questionnements et perspectives», cette manifestation a réuni plusieurs intellectuels, venus sonder les tenants et aboutissants de ces tragiques événements. Mohamed Benyahia, Najib Akesbi, Mohamed Sabila, Driss Abbadi, Ahmed Laraki, Boubker El Jamai, Nezha Skalli, Simon Lévy, Rachid Belmokhtar et Mohamed El Aouni sont intervenus essayant de mettre à nu les causes de ces attentats. Tous se sont mis d’accord sur le rôle important qu’ont joué les conditions de vie précaires des terroristes. La haine et l’intégrisme violent de ces derniers ont poussé dans une terre fertile, la pauvreté, l’ignorance, les lacunes du système éducatif marocain aidant.
Le climat international, ponctué de guerres notamment en Irak et en Palestine a, selon Mohamed Benyahia, nourri ce sentiment de haine chez ces kamikazes. Retraçant l’historique de la mouvance islamiste dans le monde arabo-musulman, l’intervenant n’a pas omis de faire le parallèle avec les événements que connaît l’Algérie depuis plus d’une dizaine d’année. Dans cette même optique, Mohamed Sabilla a estimé que notre pays, de par la pensée renfermée et traditionaliste qui y règne, a favorisé la poussée de courants religieux intégristes. Le Makhzen y a notamment contribué à travers sa politique de «traditionalisation» de la culture marocaine. L’arabisation du système éducatif national en est l’exemple le plus éloquent. Pour sa part, Najib Akesbi s’est attelé à analyser les raisons économiques qui, selon lui, se résument en un seul mot : la pauvreté. «Tout le monde convient que le problème de date pas d’hier. La situation actuelle est plutôt la conséquence d’une politique désastreuse de quatre années», a-t-il souligné en faisant allusion au bilan du gouvernement de Abderrahmane Youssoufi. Selon Ahmed Laraki, l’approche psychosociale «considère le terrorisme comme l‘une des réactions possibles à des stimulations exogènes». De ce fait, chaque personne est potentiellement un terroriste. Violents et ayant pris beaucoup de gens de court, les événements du 16 mai ne manqueront pas d’avoir de graves conséquences sur les libertés publiques, estime Boubker El Jamai notant que la presse reste très mal informée sur ce qui se passe actuellement puisque la police reste l’unique source d’information.
Que faire alors pour contrecarrer cette violence ? Nezha Skalli a mis en exergue le rôle de la femme qui auparavant a été la cible de ces mouvements islamistes. Simon Lévy a insisté sur le rôle des partis politiques, dont l’assise populaire est devenue très limitée. Pour Rachid Belmokhtar, le rôle le plus important revient à l’éducation. L’issue ne peut être envisagée sans un système éducatif parfaitement adapté aux réalités de la société marocaine. La société civile n’étant pas du reste, elle se doit de «d’orienter ses actions pour sonder les raisons et mettre en place un plan d’action concret et applicable sur le terrain», conclut Azaddine Abaakil, président de Convergences 21.

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