Attentats du 16 mai : La vie continue

Ils n’ont pas pris peur. Ils n’ont pas cédé à la terreur. Ils n’ont pas non plus plié bagages pour des pays réputés moins exposés aux attaques des terroristes. Ils ont accusé le coup, et passé le moment de stupeur, ils ont réouvert, au vu et au su de tous! Ils ont rendu à la vie un restaurant qui a été constitué l’une des cibles des cinq attentats de Casablanca. De nombreuses personnes sont venues les encourager, jeudi soir, en assistant à la réouverture du Positano. Au premier rang des personnalités de marque, il y a Hassan Aourid, porte-parole du Palais. Sa présence est une marque de soutien du palais aux propriétaires du lieu. Il y avait également des personnalités de la société civile : Abderrahim Harouchi et Ahmed Ghayet entre autres. Le premier a dénoncé, dans un discours, «l’obscurantisme de l’idéologie dont se réclament les terroristes», le second est l’un des initiateurs des affiches «matqisch bladi».  
De nombreuses personnes de la communauté juive, vivant à Casablanca, sont également venues au Positano ce soir-là. M. Belelo balaie d’un geste de main une question au sujet de la peur que ces attentas peuvent inspirer aux Juifs marocains. «Nous sommes tous des sujets de Sa Majesté. Ceux qui ont perpétré ces actes ne le sont ni plus, ni moins que nous. Notre communauté est plus soudée que jamais, et ces attentats l’ont affermie dans sa détermination à se battre pour le meilleur au Maroc», dit-il.  Joe Kadoch, directeur de l’établissement, ne cache pas de son côté son émotion. Les nombreuses personnes, venues pour la réouverture du Positano, « me font l’effet d’un baume dans le cœur, d’un médicament sur ma blessure», dit-il. Il ajoute qu’il a reçu des témoignages de soutien directement après les attentats, et que le nombre des personnes invitées aurait plus être plus élevé si tout le monde avait été informé de l’événement. Deux jours après la réouverture du restaurant, Joe Kadoch est particulièrement heureux de raconter l’histoire d’un homme qu’il ne connaît pas et qui a fait le voyage de Rabat jusqu’à Casa, rien que pour le soutenir. « Il a demandé à manger n’importe quel plat !», dit-il.  Le directeur du Positano est toutefois conscient que l’enthousiasme ne sera pas suffisant pour effacer les traces du 16 mai. «Nous allons traverser une petite zone de turbulence», dit-il. Il ajoute que son restaurant n’est pas en première ligne du fait qu’il a été visé par l’un des attentats.
La profession entière est touchée, et «il faut compter encore trois semaines pour que la psychose se dissipe», dit-il. Il ajoute que la vie finira par reprendre son cours. Mais, en attendant ce cours normal, des mesures de sécurité rigoureuses ont été prises. «Il ne faut pas baisser la garde. Il faut rester vigilants, mais sans verser dans la paranoïa », explique Joe Kadoch.

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