Au bénéfice du doute

Lundi 13 octobre, une jeune fille répond se présente à la brigade des moeurs de la PJ de Casablanca-Anfa. Elle est convoquée suite aux instructions du parquet général près la Cour d’appel. Elle s’était déjà présentée une première fois pour déposer une plainte contre un jeune homme qu’elle accuse de l’avoir violée. Fondant en larmes, la jeune fille reprend son récit. Elle n’arrive pas à retenir ses larmes tout en relatant son histoire : C’est au douar Tamanourte Tamaztoute, Agdz, région de Zagoura d’où elle est issue, que son histoire a commencé. Lors d’une nuit du mois de ramadan de 2002, elle sort de chez elle pour chercher de l’eau. Elle était seule à traîner à destination d’un puits du douar. « Tu es sortie toute seule sans avoir peur de l’imprévu ? », lui demande un policier de la brigade. Elle répond avoir l’habitude de sortir le soir sans problème, pour chercher de l’eau. A mi-chemin, elle est surprise par une personne qui n’a pas hésité à l’attaquer. Elle a tenté de crier et de fuir. Mais, il lui a plaqué sa main droite sur la bouche, l’empêchant de demander secours. Saisissant un couteau dans l’autre main , il l’a menacée de la tuer si elle ne s’arrête pas de crier. Bref, elle ne peut rien faire sauf obtempérer. Elle l’a supplié, mais en vain. Il était sans pitié. Elle est conduite à pied sur près d’un kilomètre sans rencontrer personne. À ce stade du récit, un policier lui demande si les habitants du douar ne sortent pas durant les nuits de ramadan. Elle a gardé le silence avant qu’on lui demande de reprendre ses déclarations. Elle affirme qu’une fois arrivés loin du douar, son ravisseur n’a pas hésité lui demander d’enlever ses vêtements. Elle l’a supplié encore une fois. Mais toujours en vain. Il l’a giflée avant de lui de la déshabiller de force s. Elle n’a pas cessé de pleurer. Mais personne n’est venu à son secours. Elle a été violée à deux reprises avant qu’il l’abandonne à son sort. Rentrant chez elle, ses parents se sont rendus compte de son état lamentable. Elle leur a relaté ce qui lui était arrivé. Ses parents n’ont pas réagi. Pourquoi? Pas de réponse. Elle est tombée enceinte et a accouché d’un enfant de sexe masculin. Ce dernier n’a pas vécu plus d’une dizaine de jours. Où se trouve son violeur ? Elle leur a donné son adresse à Casablanca ! Elle a signé le PV de son audition avant de partir. Les éléments de la brigade mondaine se sont rendus aussitôt à l’adresse de R. Y pour le conduire au commissariat. « Je n’ai violé personne », déclare-t-il aux enquêteurs. Tous les habitants d’un douar se connaissent. « Je la connais comme je connais tous les autres habitants », dit-il aux enquêteurs. Il ne l’a ni attaquée, ni conduite loin du douar, ni violée. Pourquoi l’accuse-t-elle ? Il n’avait pas de réponse. Il a même précisé qu’il n’a quitté le douar que le vingtième jour de ramadan. Pourquoi ne l’a-t-elle pas dénoncé alors qu’il était encore au douar ? Pourquoi n’a-t-elle pas porté plainte avant d’accoucher d’un enfant ? Pourquoi a-t-elle attendu tout ce temps ? Si ce n’est pas lui, qui est donc le violeur ? Des questions sans réponses, et pourtant, R.Y a été maintenu en détention préventive par le procureur général.

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