Au-delà du mode

Il est un débat qui mobilise la classe politique, focalise l’attention de certaines sphères de l’opinion publique… celui du mode de scrutin. A-t-il autant d’importance qu’on le laisse savoir ou une simple fixation à même d’occulter les véritables problèmes qu’il faut dépasser pour éviter que la machine démocratique ne soit grippée de temps à autre ?
Lors d’une émission télévisée, dimanche dernier, sur la première chaîne, deux députés, Brahim Rachidi, du groupe socialiste, et Abdelaziz Messioui du groupe constitutionnel, étaient invités à faire une évaluation du travail législatif à l’aube des prochaines échéances électorales. Tout ou presque a été dit. Et le tout dans un accord presque parfait entre les deux représentants, l’un de la majorité, le deuxième de l’opposition. En abordant les débats justement autour du mode de scrutin, on a eu à prendre connaissance des penchants des deux blocs. Mais une phrase sibylline a été lancée comme un pavé dans la mare. « Au-delà du mode du scrutin qu’on va adopter, c’est le niveau des futurs élus et des partis qui l’encadrent qu’il faut voir de près pour que la démocratie aille de l’avant ».
C’est presque le noeud de tout processus démocratique. Les partis politiques ont l’obligation constitutionnelle d’encadrer les gens. Mais leurs adhérents adhèrent-ils tous aux idéaux du jeu électoral ? Le choix des candidats obéit vraiment aux seuls critères de la fidélité au programme partisan ou serons-nous amenés à reconduire les mêmes pratiques de choix en optant pour les notabilités, les gros pontes de la finance qui peuvent avoir accès à toutes les formations politiques au gré de conjonctures?
C’est de cette culture partisane, démocratique et respectueuse des valeurs nobles de la société dont on a besoin, au delà des modes de scrutin et des dispositifs réglementaires à mettre en place. Autre point qu’il importe de relever alors que les discussions sur le mode de scrutin battent leur plein, c’est celui de la loi sur les partis. Il devient urgent de réguler les dispositifs en place pour que la création de partis réponde plus à une nécessité de servir le processus en cours, qu’à servir les promoteurs de ces formations…
C’est dire qu’autant la démocratie se renforce, autant les chantiers pour son renforcement sont nombreux et demandent un effort considérable de toutes les parties concernées…

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