Au moment où 18,6% bénéficient du Ramed : 45,4% de la population marocaine n’a pas de couverture médicale

Au moment où 18,6% bénéficient du Ramed : 45,4% de la population marocaine  n’a pas de couverture médicale

Les Centres hospitaliers universitaires (CHU) ont réalisé plus de 9,5 millions prestations au profit des bénéficiaires du Ramed durant la même période.

Ce sont 20 millions prestations qui ont été réalisées au niveau des hôpitaux préfectoraux et régionaux après 6 ans de généralisation du Ramed. Ce chiffre, parmi tant d’autres, a été relayé, lundi à Rabat, lors d’une rencontre consacrée à la couverture sanitaire universelle et initiée par le ministère de la santé. A leur tour, les Centres hospitaliers universitaires (CHU) ont réalisé plus de 9,5 millions prestations au profit des bénéficiaires du Ramed durant la même période.

Selon les données relayées, la part de la population couverte par le Ramed s’estime à 18,6% conformément aux chiffres arrêtés à fin 2016. Ce sont 11,8 millions de personnes qui ont été immatriculées, à fin 2017, depuis la mise en œuvre du Régime d’assistance médicale (Ramed) en 2012. En détail, ce sont également 7,4 millions de Marocains qui ont actuellement les droits ouverts pour bénéficier de ce régime et 7 millions de cartes ont été distribuées. De même, les CHU ont poursuivi leurs efforts en matière de greffe de la cornée, à hauteur de 287 transplants, du rein (158), de la moelle (12), du foie (13) et une greffe de cœur ainsi que 550 actes d’intervention pour affections lourdes et coûteuses. Quant aux salariés gérés par la CNSS, leur part s’élève à 17,6% au moment où ceux outre les étudiants gérés par la CNOPS sont de 8,9%. Cependant, et c’est là où le bât blesse, 45,4% de la population est non couverte. S’agissant de l’assurance-maladie obligatoire (AMO), sa population s’estime à fin 2016, à 9,1 millions de bénéficiaires dont 6,08 millions sont dans le secteur privé. L’évolution annuelle moyenne de la population couverte entre 2006 et 2016 étant de 6%. Quant à la part des dépenses restant à la charge de l’assuré dans le cadre de l’AMO, elle s’élève à 35,2%. Concernant la réserve de sécurité cumulée, elle s’établit à 1,39 milliards DH à fin 2016.

Grande pensée pour l’AMI

L’assurance-maladie des indépendants (AMI) a également été au centre du débat lors de l’événement organisé à l’occasion de la journée mondiale de la santé. «S’il est bien vrai que le Régime d’Assurance-maladie obligatoire est en bonne voie et que le Ramed malgré les contraintes liées aux ressources et à sa gouvernance, avance à un rythme soutenu pour atteindre son objectif, le régime de l’assurance maladie des travailleurs actifs non-salariés constitue l’opération la plus difficile et en même temps la plus décisive de la progression vers la couverture universelle à travers la mise en œuvre de la loi 98-15», estime le ministre de la santé. Anas Doukkali précise également que le chef de gouvernement a émis récemment une circulaire annonçant la création d’une commission interministérielle de pilotage de la réforme du système de protection sociale. Cette commission aura pour objectif d’étendre la couverture médicale de base dans la perspective de sa généralisation avec une meilleure protection au profit des couches les plus vulnérables et défavorisées de la société. Une opération qui passe par la généralisation du Ramed sur la totalité de la population ciblée et par la mise en place d’un mécanisme adapté à son financement. La circulaire émise par le chef de l’Exécutif annonce aussi la création d’une seconde commission, à caractère technique, chargée d’établir les règles d’application de cette réforme, et des commissions thématiques dont le ministère de la santé présidera celle relative à la couverture médicale de base. A propos des chiffres, M. Doukkali précise également que sur les 11,7 millions de personnes bénéficiaires du Ramed, 90% sont des pauvres et 10% des vulnérables, 49% résident en milieu rural et 51% en milieu urbain, avec 53% de femmes et 47% des hommes.

Le credo de l’OMS

Egalement de la partie, Maryam Bigdeli, représentante de l’Organisation mondiale de la santé à Rabat, s’exprime autour de l’investissement de l’OMS dans les efforts de coopération avec le Maroc à propos de la couverture sanitaire universelle dans le pays. Celle-ci fait partie, comme elle le précise, de la stratégie qui lie, de 2017 à 2021, l’Organisation au Royaume. Elle prend dans ce sens appui dans des chiffres avancés par le ministre de la santé. «63% des Marocains sont couverts par les régimes mis en place pour cibler 90% à l’horizon 2021», avance-t-elle en citant M. Doukkali.

Florilège du débat

Pour sa part, Houcine Maaouni, président du Conseil national de l’Ordre des médecins, s’exprime autour de «l’impératif de sortir la carte vitale». «Les enveloppes allouées aux CHU sont insuffisantes», martèle-t-il en mettant l’accent sur la valorisation des ressources humaines tout en ayant, à son tour, une grande pensée pour l’AMI, pour les médecins du privé. Quant à Abdelaziz Adnane, DG de la CNOPS, il formule, à propos de la couverture médicale de base, des défis en 7 leviers. Dans ce sens, il propose en premier lieu «un pacte pour un hôpital public fort». Un panier de soins stabilisé et une gouvernance du secteur mutualiste sont, entre autres, des leviers qu’il cite également. Aussi, l’investissement dans l’identifiant social est à ses yeux un levier outre la révision de la loi 65-00.

Si la majorité de la population n’est pas couverte, la majorité n’est également pas salariée comme le rappelle Said Ahmidouch, lui aussi de la partie. Le DG de la CNSS saisit également son passage pour s’exprimer autour des efforts de sa structure pour revoir les tarifs de remboursement et des médicaments. «Le générique continue à ne pas être prescrit normalement», enchaîne-t-il. Tout comme d’autres intervenants, il aborde la couverture des non salariés. «Nous sommes en train de travailler pour passer à cette couverture dès 2018 mais progressivement», conclut-il. 

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