Au nom de la mère

Quand ils se sont mariés, ils n’auraient jamais pu se douter qu’ils auraient, un jour, à se tourner le dos, à se séparer. Ils pensaient rester ensemble toute la vie, l’un soutenant l’autre, dans le meilleur comme dans le pire. Avant leur mariage, ils passaient ensemble de bons moments, plongés dans un océan d’amour et de rêves. Leurs voisins de quartier à Kelaât Sraghna étaient au fait de leur relation amoureuse. Et ils étaient un exemple pour les autres couples d’amoureux. Ils étaient aux anges lors de la célébration de leurs noces. Leurs familles et leurs voisins s’en souviennent encore et en parlent de temps en temps.
Mais que leur est-il arrivé après deux ans de mariage ? Qu’est-ce qui a bien pu envenimer leur relation conjugale? Il s’appelle Mohamed, âgé de trente-deux ans et elle se nomme Malika, âgée de vingt-six ans. Leur relation s’est totalement dégradée: les paroles mielleuses se sont transformées en reproches, puis en injures et insultes et l’amour s’est transformé en haine. Aucun des deux ne supporte plus l’autre. Malika ne veut plus partager avec lui ni les mêmes préoccupations, ni les mêmes soucis, ni le même foyer, ni le même lit. En un mot, leur relation s’est brisée complètement. Pleins de bonne volonté, les membres de leurs familles respectives ont tenté de mettre fin à leur discordance, de les mettre sur la bonne voie afin qu’ils préservent leur foyer.
Ils leur ont demandé à maintes reprises de le garder loin des vents et des tempêtes. Seulement, les tempêtes étaient plus fortes que leur volonté. Mohamed néglige son foyer et il réfugie dans la boisson. Dès qu’il quitte son travail, il ne perd pas une minute pour aller acheter une ou deux bouteilles de vin rouge et parfois des bières. Il ne s’enivre pas pour son plaisir, mais pour fuir la triste réalité, pour ne plus penser à rien, ni à sa femme, ni à lui-même. Il ne pense plus qu’à sa dose quotidienne en vin. Au fil des mois, Mohamed ne supporte plus de rester chez lui, ne supporte plus sa femme. Il a abandonné son foyer, il ne rentre plus chez lui, laissant sa femme seule. Où passe-t-il ses nuits ? Chez ses parents. Toutefois, il passait de temps en temps au domicile conjugal, mais uniquement pour insulter sa femme, l’injurier et la maltraiter parfois.
La solution ? Elle a sollicité son frère, Abdellah, à venir passer les nuits chez elle. Ce qu’il s’est empressé de faire. Au début du mois courant, Mohamed est rentré chez lui. Il a ouvert la porte et est entré dans un état d’ivresse avancé. Sa femme, Malika et son beau-frère, Abdellah, sont encore réveillés. Ils regardaient la télévision. Mohamed est entré en titubant. Abdellah lui a demandé de s’asseoir. Il a refusé tout en lui disant : “Je ne suis là que pour insulter ta soeur et lui cracher au visage…“. Abdellah lui a demandé de s’asseoir et de ne pas insulter sa femme. Il lui a expliqué qu’il devait mettre fin à leurs problèmes futiles pour reprendre ensemble leur vie sous le même toit. “Je ne reprendrai jamais la vie commune avec cette fille de p… “, lui cria-t-il. Aussitôt, Abdellah l’a repoussé violemment. “N’insulte pas ma mère, c’est toi le fils de p…“, lui a lancé Abdellah, qui, visiblement perd le contrôle de ses nerfs.
Mohamed s’est retourné pour mettre la main sur un verre. Abdellah ne lui en pas laissé le temps, s’est saisi d’un couteau qui était posé sur la table et lui a asséné deux coups au niveau de sa poitrine. Le mari s’est effondré et Abdellah a été arrêté et traduit devant la Cour d’appel de Marrakech, poursuivi pour homicide involontaire.

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