Au nom de l’exception culturelle

Le journal «Le Monde» qui compte imprimer au Maroc signifie pour moi, de prime abord, que le Maroc est un pays attaché à la libre circulation des idées et à la liberté d’expression.
Quant à l’impact de cette décision sur le paysage médiatique national notamment sur la presse écrite, cela appelle plusieurs questions. Personnellement, je m’interroge dans quelle mesure une entreprise de presse qui exporte ses revenus à l’étranger peut-elle bénéficier de la subvention nationale sur le papier ? C’est une question d’équité. Loin de moi, toute idée protectionniste.
Autre aspect qui m’interpelle, c’est le prix, 5 Dhs, que Le Monde fixe pour son édition marocaine. Comme vous le savez, les prix des quotidiens sont fixés par l’État et toute révision de ceux-ci doit faire l’objet d’une négociation avec les pouvoirs publics. Pour ce qui est de la stratégie commerciale, Le Monde est plus qu’un journal.
C’est une entreprise d’intermédiation et de service. Je pense que les patrons des journaux locaux doivent s’organiser et faire des propositions allant dans le sens de la préservation de l’avenir de la presse écrite qui souffre déjà de l’insuffisance des recettes publicitaires.  À quand va-t-on réagir pour protéger la production culturelle nationale dont les journaux sont un segment prépondérant ? Ailleurs, en France notamment, on brandit à juste titre l’exception culturelle pour ne pas passer sous les fourches caudines de la mondialisation. Si la presse nationale est battue en brèche en la livrant à une concurrence déloyale, le risque est grand de la voir affaiblie davantage. C’est le pays et la démocratie qui seraient perdants.

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