Audiovisuel : Quand la HACA fait la loi

En février 2004, la libéralisation du paysage audiovisuel a pris un tournant décisif avec la nomination par SM le Roi Mohammed des membres du Conseil supérieur de la Communication audiovisuelle (CSCA), instance relevant de la Haute Autorité de la Communication audiovisuelle (HACA).
Le Conseil, créé par Dahir, le 31 août 2002, a pour mission essentielle la régulation du secteur de l’audiovisuel, ainsi que l’examen des cahiers des charges des projets de radios et de télévisions privées dans le but de l’octroi des autorisations d’émission. Même si sa composition a été très critiquée par les professionnels du secteur, à leur tête le Syndicat national de la presse marocaine (SNPM), la création de cette instance a inauguré une nouvelle ère en matière de libéralisation. « Notre pays sera ainsi à même de gagner le pari de la communication audiovisuelle tant au niveau national, régional qu’international, et aux plans social, économique, politique et culturel », avait déclaré le président de ce conseil devant le Souverain. Il était ainsi devenu nécessaire de mettre en place un système de communication mobilisateur pour accompagner le développement socio-économique et politique du Maroc.
La mise en place de ce conseil est une réponse aux attentes des professionnels du secteur en premier lieu, et de millions de Marocains qui sont arrivés à désespérer d’une mise à niveau du paysage audiovisuel national. Une mise à niveau qui ne pourrait être accomplie sans une concurrence loyale. Ainsi, l’un des rôles majeurs de la HACA, instance au statut qui lui confère une autonomie à même de lui permettre d’être à l’abri des pressions de tout genre, et de gérer un paysage totalement libre et pluriel. C’est ainsi que la première année de l’installation de son conseil a été marquée par l’adoption par la Parlement d’une loi sur la communication audiovisuelle visant à consacrer le principe de la liberté de la communication au service de la diversité culturelle, et des mesures de mise à niveau des médias du secteur public de la communication audiovisuelle sont prises pour les préparer à relever les défis de la compétitivité qu’implique l’ouverture du paysage audiovisuel national à la concurrence. Cette mise à niveau juridique va s’accompagner de réformes sur les plans technique et humain, dont l’objectif est de doter le Maroc d’une production audiovisuelle nationale diversifiée, riche et de qualité, et de développer l’investissement national et étranger dans ce secteur.
La mise en place de cette haute instance audiovisuelle est un fait dont l’importance dépasse la dimension médiatique puisqu’il, constitue un élément essentiel à l’édification d’une société démocratique moderne, au sein de laquelle le savoir et la communication figurent parmi les éléments fondateurs, et ce dans le plein respect des constantes et des valeurs sacrées de la nation.

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