Avocates arabes : Pour une égalité homme-femme

Avocates arabes : Pour une égalité homme-femme

Elles ne peuvent pas accéder facilement à des postes de responsabilité

Nadia Nouam a appelé la femme avocate à développer ses connaissances sur les droits de l’Homme et s’ouvrir à toutes les spécialités concernant sa formation juridique. Ce qui lui permettrait de mieux défendre ses droits.

Au Maroc, comme nombre de pays arabes et musulmans, les mesures en faveur de l’égalité professionnelle homme-femme peinent à porter leurs fruits. C’est dans ce contexte que se sont déroulés, vendredi dernier, à Tanger, les travaux du deuxième forum de la femme avocate autour du thème «Équité à l’horizon de l’égalité». Organisée par l’Ordre des avocates de Tanger, cette deuxième édition -qui s’est distinguée par la participation de près de 130 avocats, académiciens et professionnels de la justice représentant le Maroc, l’Egypte, la Palestine et le Soudan- a constitué une occasion pour mettre en avant le rôle de la femme avocate dans le renforcement de l’égalité des sexes, mais aussi sa contribution, aux côtés de l’homme, dans la promotion de la profession. Intervenant à la séance inaugurale de ce forum, Ahmed Tahiri, bâtonnier du Barreau de Tanger, a tenu d’abord à rappeler les acquis accomplis en faveur de la femme en matière de la parité et l’égalité, considérées parmi les droits garantis par la Constitution de 2011. L’intervenant a souligné, d’autre part, l’importance de ce genre de forum permettant de jeter la lumière sur les difficultés dont l’avocate continue de souffrir dans une société à «domination masculine».

M. Tahiri a appelé à la soutenir pour pouvoir jouer pleinement son rôle dans les grandes réalisations que connaît le Maroc. Il a déploré le fait que, malgré les grandes compétences dont elles ont toujours fait preuve, les femmes avocates ne peuvent pas facilement accéder à des postes de responsabilité comme c’est le cas pour leurs collègues hommes. «Les femmes avocates continuent de souffrir de l’exclusion et de la marginalisation concernant leur nomination aux postes de responsabilité», a dit M. Tahiri. Même son de cloche pour Nadia Nouam, rapporteuse générale du Forum de l’avocate marocaine et membre du Barreau à El Jadida, qui a appelé la femme avocate à développer ses connaissances sur les droits de l’Homme et s’ouvrir à toutes les spécialités concernant sa formation juridique. Ce qui lui permettrait, selon l’intervenante, de mieux défendre ses droits et de réaliser une véritable contribution dans la vie publique et professionnelle.

Mme Nouam a poursuivi que la situation de la femme avocate n’a que peu progressé, faisant remarquer que les postes de responsabilité restent limités à l’homme. «La preuve, aucune femme avocate n’a pu obtenir le poste du bâtonnier aux Barreaux des différentes régions au Maroc», a-t-elle dit.

Les participants à ce forum ont convenu que la promotion de la parité n’est pas facile à réaliser face à la persistance de certaines difficultés. En témoigne Najwa Jaâfar Karaane, avocate au Barreau de Ramallah (Palestine), qui a fait part que la marge de manœuvre des professionnels palestiniens des différentes zones (sous contrôle d’Israël, est très faible). Ce qui rend «notre exercice de la profession très difficile au quotidien», a-t-elle dit, pointant de doigt «les obstacles imposés qui m’empêchent de me déplacer de Ramallah vers d’autres zones palestiniennes».

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