Avocats : le plaidoyer de Driss Jettou

Avocats : le plaidoyer de Driss Jettou

Le Premier ministre a tenu, lundi 26 décembre 2005 à Rabat, une réunion de travail avec le bureau de l’Association des barreaux du Maroc en présence du ministre de la Justice Mohamed Bouzoubaâ.
Selon Me Driss Aboulfadl, président de l’Association des barreaux du Maroc, un mémorandum a été présenté au Premier ministre et au ministre de la Justice saluant les avancées enregistrées en matière de réformes et d’infrastructures, mais énumèrent également une multitude de problèmes dont souffrent les avocats. Pour Me Aboulfadl, il est temps, entre autres, de rompre avec la dualité que vit toujours, par ses statuts, la police judiciaire relevant en même temps du Parquet et du ministère de l’Intérieur. En plus de quelques pratiques qui entachent encore le bon déroulement des procès, ajoute l’ex-bâtonnier de Marrakech. Les avocats demandent également d’accélérer le processus d’adoption d’une nouvelle loi régissant leur métier. Le projet de cette loi, élaboré en collaboration entre l’Association des barreaux et le ministère de la Justice, se trouve toujours au secrétariat général du gouvernement. 
Les avocats, comme toutes les autres professions, ont des problèmes qu’ils ont soumis au Premier ministre. Ils demandent, entre autres, à bénéficier des programmes de logements lancés par l’Etat, mais aussi d’un régime de retraite et de programmes de formation à l’instar des juges. Pour les avocats, cet effort de formation doit bénéficier à tous les intervenants pour, en définitive, le bien des justiciables et de la justice.
Pour Me Aboulfadl, il est aberrant de constater que les avocats sont soumis à un grand nombre d’impôts et taxes et dont la TVA qui est payée, en fin de compte, par les justiciables au moment où un grand nombre de citoyens reste incapable de recourir aux services d’un avocat. Pour les robes noires, le système de l’aide judiciaire pose toujours des problèmes et il est aussi temps d’en revoir les mécanismes. Dans la législation marocaine, le bâtonnier charge un avocat de cette aide qui ne peut être refusée. L’absence, assez souvent, de contrepartie ne sert en rien ni les intérêts des avocats, et moins ceux des justiciables démunis.  « Aujourd’hui, et c’est malheureux à dire, plusieurs avocats font l’objet de contrainte par corps pour le non paiement de dettes ou d’impôts », se désole Me Aboulfadl qui rappelle qu’au début de sa carrière, un avocat est tenu d’avoir un bureau, une secrétaire et un assistant. Ce qui demande d’énormes efforts financiers. Selon l’Association des barreaux du Maroc, le nombre de robes noires exerçant actuellement est estimé entre 9.000 et 10.000.
Le Premier ministre a promis des réponses positives à tous ces aspects administratifs et sociaux des problèmes des avocats et notamment en ce qui concerne le logement et les retraites.
Ces aspects devront faire l’objet du travail de la commission mixte (Primature, ministère de la Justice et Association des barreaux du Maroc). Instituée, pour la première fois, par Abderrahman Youssoufi, il est question aujourd’hui d’en re-dynamiser le rôle et les actions.

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