BCM-Wafa, fusion en marche

BCM-Wafa, fusion en marche

Thami Ghorfi : Monsieur Kettani, quels sont vos commentaires sur les résultats de votre banque qui ont été les premiers résultats du secteur financier publiés ?
Mohamed Kettani : Globalement, on peut dire que sur le plan de l’activité, la BCM a réalisé une bonne année 2003 et a enregistré une croissance soutenue de ses dépôts et des crédits à l’économie. Les dépôts ont connu une croissance de 12,3% d’une année à l’autre, et les crédits, +11,2% d’une année à l’autre.
Cette croissance des crédits a compensé l’effort de classement des créances en souffrance qui a été consenti durant l’exercice 2002. Suite à cette croissance, la BCM a consolidé de manière significative sa position de marché en dépit d’une concurrence très vive puisque la banque a gagné 0,53 point de part de marché pour les dépôts et 1,4 points pour les crédits à l’économie. En termes de résultats, la BCM a réalisé une bonne performance caractérisée par quatre éléments :
1. Une exploitation en constante amélioration puisque le produit net bancaire qui est le chiffre d’affaires de la banque a connu une amélioration significative, malgré l’effort de classement des créances en souffrance qui ont dégagé des crédits qui ne produisaient plus d’intérêts et le recul de la marge d’intérêt dû à la forte pression à la baisse sur les taux d’intérêt.
2. Une maîtrise des charges d’exploitation. A ce niveau, je tiens à souligner que la BCM enregistre le coefficient d’exploitation bancaire le plus bas du secteur à 42,4%. Il s’agit d’une performance exceptionnelle dans le secteur.
3. La poursuite d’une politique rigoureuse du management du risque tant au niveau du provisionnement qu’au niveau de la récupération des créances en souffrance. Je tiens à souligner que la banque a consenti un effort supplémentaire par rapport à l’effort engagé en 2002.
4. Une reprise de la croissance du résultat net puisque le résultat courant a connu une croissance de 97% atteignant 628 millions de dirhams et un bénéfice de 429 millions de dirhams, contre 27 millions en 2002.
En 2003, l’action BCM a sur-performé au niveau du marché et a clôturé l’année 2003 avec une hausse de 34% alors que le MASI a réalisé une performance de 32%.
Ces résultats vous inscrivent dans une logique de performance qui devrait être continue sur les années à venir, en tous les cas pour l’année 2004…
M.K. : Tout à fait. Après l’effort de mise à niveau du bilan notamment en matière de provisionnement, la BCM normalement renouera avec sa performance habituelle en terme de résultats pour les années à venir.
Si je comprends bien, en dehors de ces évènements exceptionnels de l’année 2003, les fondamentaux de la banque sont toujours bons sachant qu’elle est toujours dans une logique de progression de parts de marché…
M.K. : Effectivement, la banque a dégagé certes un déficit de 399 millions de dirhams dû à des charges exceptionnelles mais surtout à une mise à niveau du bilan de la banque qui s’est traduit par un effort très important en matière de maîtrise de risques générant une forte croissance des dotations aux provisions.
Malgré ce déficit, les fondamentaux demeurent solides avec une bonne assise en fonds propres et un taux de couverture des créances en souffrance qui dépasse les 75%.
M. Bekbachy, quels ont été les principaux évènements sur la place boursière de Casablanca la semaine dernière ?
Yassine Bekbachy : Le marché a été fortement animé la semaine dernière. Ses deux principaux indices, à savoir le MASI et le MADEX, ont enregistré des hausses hebdomadaires respectives de 2,75% et 2,43%, ramenant leur performance annuelle à 14,89% pour le MASI et 13,18% pour le MADEX. Côté volume, le marché central a drainé un volume record de 474 millions de dirhams, soit une moyenne quotidienne de 94 millions, en hausse de 35% par rapport à la semaine dernière. Ce volume a été réalisé essentiellement sur les valeurs du continu, notamment Wafabank, ONA et Sonasid. Le marché de blocs, quant à lui, a enregistré un volume de 110 millions de dirhams.
Y-a-t-il des explications particulières sur ces évolutions ?
M.K. :Il n’y a pas d’explication particulière. C’est un mouvement purement spéculatif en anticipant les résultats annuels.
Quelles sont les perspectives auxquelles on s’attend les prochaines semaines ?
M.K. : Il est toujours difficile d’établir des perspectives, mais je pense que cette performance fort appréciable du marché devrait, à mon avis, faire l’objet d’un mouvement de prise de bénéfices dans les semaines à venir en raison notamment du rythme de progression soutenu depuis le début de l’année et ce, quelle que soit la teneur des résultats annuels prochainement publiés. Comme dirait le vieil adage : «on achète la rumeur et on vend les résultats».
Quelle a été le dénouement de l’opération Lydec?
M.K. : Pour conclure, vous avez évoqué la semaine dernière l’emprunt obligataire lancé par la Lydec qui a porté sur un montant global de 1 milliard 50 millions de dirhams et qui va contribuer au financement du transfert de la caisse commune de retraite de la Lydec au Régime collectif d’allocations de retraite. Cette semaine, nous avons assisté au dénouement de l’opération qui a connu un franc succès dans le sens où elle a été sur-souscrite 5,4 fois pour la première tranche et 1,6 fois pour la seconde.
Mohamed Kettani, vous êtes dans une stratégie de fusion BCM/Wafabank pour constituer un champion national, une nouvelle banque de taille particulièrement importante. Tant que l’on est sur le marché financier, en quoi consiste l’offre d’OPA/OPE et quel est son intérêt pour les épargnants ?
M. K. : Comme vous l’avez dit, nous sommes dans un processus de fusion et c’est pourquoi nous étions amenés à envisager une opération d’offre publique d’achat et d’offre publique d’échange. Comme il a été annoncé dans un communiqué de presse, la BCM souhaite mettre en oeuvre une offre publique d’achat et une offre publique d’échange concomitantes sur le titre Wafabank. Les porteurs de titres Wafabank ont la possibilité, soit de rapporter leurs titres dans le cas de l’offre publique d’échange, à raison de 8 actions Wafabank contre 7 actions BCM, ou si le porteur de titres Wafabank opte pour la réalisation de ses titres, il a la possibilité de vendre ses titres sur la base d’un cours de 825 dirhams qui représente une prime de 25,6% par rapport à une période significative d’une année précédant la date de l’annonce de rapprochement BCM/Wafabank.
Quelle est votre démarche dans ce sens ?
M.K. : Effectivement, la ressource humaine est la dimension capitale pour réussir une telle opération de fusion et dès le premier jour, l’intérêt a été porté sur l’intégration des équipes. Dans ce sens, même dans l’organisation cible qui a été annoncée le 30 janvier, un équilibre a été observé de telle sorte à mobiliser l’ensemble des équipes Wafabank et de la Banque Commerciale du Maroc vers la construction de la nouvelle banque. Deuxièmement, on a engagé très vite des groupes de travail qui ont mobilisé plus de 300 cadres pour aller vers le choix des meilleures pratiques, de la manière la plus transparente possible et on a choisi aussi une option très importante, à savoir une communication interne réactive, rapide, qui communique d’une manière franche et transparente, les décisions, les nominations et tous les évènements marquant la fusion, de telle sorte à mobiliser le maximum de ressources humaines autour de ce projet de construction d’une nouvelle banque qui va capitaliser sur les forces et les complémentarités des équipes des deux banques, des équipes de plus de 5500 personnes.

• Cette émission sera rediffusée ce soir à 22h00 sur les ondes de Médi 1
Prochain rendez-vous le 22 mars 2004

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