Beautés fatales

L’industrie de la mode et de la beauté, ne risque pas de voir sa côte chuter en bourse, non seulement au niveau de la chirurgie plastique et esthétique, mais aussi au niveau des nutritionnistes et autres gourous des régimes alimentaires.
Qu’est ce qui pousse de plus en plus de femmes et de jeunes filles à s’intéresser à cette industrie et à ce qu’elle propose ? Pourquoi tant de complexes et tant de volonté à vouloir changer de physique et d’apparence ?
Au banc des accusés : le matraquage médiatique autour du culte du corps, l’occultation de l’être et la sublimation du paraître.
Le choix de modèles aux formes plantureuses, aux courbes parfaites, aux visages irréprochablement dessinés, la peau satinée et l’allure angélique, n’est pas fortuit. Elles symbolisent la beauté, la féminité et l’élégance, et incarnent l’image de la femme idéale d’où l’obsession de la gente féminine vis à vis de ces créatures auxquelles elles veulent ressembler impérativement allant jusqu’à renier leur propre identité corporelle en changeant du tout au tout.
Selon leurs pouvoir d’achat , certaines se contenteront de lentilles de couleurs, de séances répétées chez l’esthéticienne pour un remodelage des lèvres ou une épilation définitive du duvet, tandis que d’autres opteront pour les méthode fortes, n’hésitant pas à s’implanter des prothèses mammaires, à rajeunir leur paupière, changer de nez, en passant par un lifting complet du visage et du cou, la liposuccion, liposoluble, capillothérapie…etc.
La perspective des effets post-opérations (douleur, ecchymoses, oedèmes, cicatrices…) ne les effraient pas, elles sont prêtes à tout pour avoir les seins de Pamela, les courbes de Kate et les lèvres pulpeuses de Karen, et comme on dit chez nous : li bgha zine issir letkib lwednine… Seulement, ces opérations, fort onéreuses, ne sont pas sans risques. On peut ainsi se retrouver avec une paralysie faciale , totale ou partielle, alors qu’on était seulement venue effacer ses « rides du lion », ou encore, se retrouver avec un nez encore plus horrible que celui qu’on avait avant la rhinoplastie à cause d’une mauvaise manipulation ou une erreur de « dessin ». Sans parler des incidents mineurs qui surviennent inopinément lors de certaines interventions, comme le cas d’un remodelage des lèvres où le tracé est tout sauf réussi, ou celui des implants mammaires qui peuvent être rejetés par le corps. D’autres complications peuvent s’avérer plus graves encore, les cas de cancers de peau suite à une chirurgie au laser, ou pire encore, lorsque la patiente se trouve amputée d’un sein lors de son opération, et c’est arrivé à plusieurs reprises.
Certains « échecs » ont de mauvaises retombées sur la santé mentale et physique de la patiente et peuvent s’ensuivre d’un traitement de longue durée et une psychothérapie, parfois même une hospitalisation, le plus embêtant étant que souvent, les conséquences fâcheuses et les dérapages de la chirurgie esthétique sont irréversibles.
 ce moment, on regrettera peut être notre long nez retroussé, nos seins version oeufs sur plat, et notre chère bonne graisse, mais ce sera trop tard, on aurait mieux fait de réfléchir avant d’agir. Dieu merci, certaines s’en sortent avec le résultat escompté, et c’est tant mieux pour elles, d’autres voient leur métamorphose momentanée s’estomper peu à peu et céder place à leur image initiale, comme le résume si bien l’adage : chasser le naturel, et il revient au galop.

• Fatima Zahra Hamil

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