Biadillah : «Notre santé se porte bien»

ALM : Le monde a célébré le 7 avril la journée mondiale de la santé sous le thème "Investir dans la santé pour bâtir un avenir sûr".  Quel est l’état des lieux de notre santé publique ?
Mohamed Cheikh Biadillah : Notre santé publique se porte bien. Notre budget annuel a augmenté de 10 % depuis 2003, ce qui correspond actuellement à 6 milliards DH. Par ailleurs, 1200 postes budgétaires par an sont consacrés au secteur de la santé sur 7000 postes ouverts par l’Etat. La réforme hospitalière avance à pas sûr. Elle concerne 17 hôpitaux publics, dont quatre nouveaux à Témara, Salé, Khénifra et El Jadida, pour une enveloppe financière de 1,8 milliard DH. Les doléances syndicales ont été satisfaites suite à un accord conclu en 2006. Ainsi, il a été décidé l’instauration de la prime de garde et de l’astreinte, prime de responsabilité et l’introduction de la prime de risque dans la retraite. Il concerne également l’adoption du statut des infirmiers et la création de l’emploi de médecin généraliste. En matière d’infrastructures, le nombre des centres d’hémodialyse est de 52 établissements. L’apport des ONGs dans ce domaine reste toujours important. Nous avons également ouvert un centre d’oncologie à Oujda, en partenariat avec la Fondation Mohammed V pour la solidarité, et les travaux de  construction d’un autre centre à Al Hoceima sont en cours. Un centre national d’oncologie pédiatrique ouvrira ses portes à Rabat. De même, un centre anti-douleurs et un centre national de transfusion sanguine moderne seront mis en place à Rabat pour améliorer l’offre de soins de la population, un autre projet d’importance est en cours à Rabat, il s’agit du centre des brûlés. En matière de couverture médicale de base, 32 % de la population bénéficie actuellement de l’AMO.

Comment évaluez-vous le bilan des actions menées pour améliorer les prestations dans le secteur de la santé publique ? Et quels points négatifs y voyez-vous à améliorer ?
En tenant compte des réalisations accomplies dans le domaine de la santé, nous pouvons affirmer que le bilan est positif. Toutefois, il reste quelques dysfonctionnements à lever. A titre d’exemple, les Urgences.
Elles sont considérées comme la porte d’accès à l’hôpital. Il faut noter que 70 % des Urgences sont de "fausses-urgences" : il y a une forte affluence des patients qui souffrent par exemple d’angines ou maux de  tête en d’autres termes, des sollicitations qui ne sont pas urgentes.
Autre point également à soulever concerne la mauvaise répartition des ressources humaines. La répartition du personnel médical n’est pas équitable entre les régions du Royaume notamment dans les régions éloignées et montagneuses.

Les établissements publics souffrent d’un manque de personnel médical et paramédical. Comment comptez-vous résoudre ce problème ? Y a-t-il un plan d’action ?
En effet, il y a un manque de personnel médical et paramédical. Pour résoudre ce problème, nous avons décidé d’ouvrir 21 écoles pour la formation du personnel paramédical dont une à Nador et un établissement à Al Hoceima. Nous prévoyons la formation de 1850 personnes par an. De même, le nombre des médecins spécialistes formés par an est passé de 150 à 500 spécialistes. Les effets positifs seront ressentis en 2008-2009. Par ailleurs, une école pour la formation des techniciens pour la maintenance du matériel médical a ouvert à Casablanca. La première promotion sortira cette année. Pour la formation d’ambulanciers, une école a été ouverte à Casablanca également en partenariat avec la France. Ces ambulanciers travailleront dans les SAMU. A ce sujet, nous prévoyons la mise en place de 11 SAMU à travers le Royaume. Deux SAMU sont déjà en œuvre à Rabat et à Casablanca.

Où en est le plan d’action national de riposte face à une pandémie de grippe aviaire ?
A ce sujet, je vous affirme que nous sommes prêts pour faire face à une éventuelle pandémie de grippe aviaire. Une commission nationale présidée par le Premier ministre est déjà mise en place. De même un commandement opérationnel dirigé par le Général de Division, Hosni Benslimane. Nous avons déjà acquis le Tamiflu, un médicament antiviral. Nous avons renforcé nos systèmes de surveillance. Des caméras infrarouges ont été installées dans les aéroports pour surveiller toute fièvre chez les voyageurs.

Quel est le rôle joué par le Maroc dans la sécurité sanitaire internationale ?
Il faut savoir que le Maroc y participe activement. A travers nos laboratoires nationaux, nos équipes surveillent la grippe, la variole, le SRAS et la poliomyélite (virus sauvage). Nos observatoires régionaux d’épidémiologie sont reliés au ministère.  En cas de maladie décelée, le ministère est avisé et l’OMS (Organisation mondiale de la santé) est également avertie.

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