Bilan sur la santé procréative: Des chiffres pas très «frais»…

Bilan sur la santé procréative: Des chiffres pas très «frais»…

Mars aura décidément été le mois de la femme! En effet, le ministère de la santé vient d’avancer plusieurs chiffres sur la santé procréative, avec pour préoccupation centrale la santé féminine. C’est en substance ce qui transparaît lors de la toute récente allocution adressée le 25 mars dernier par le ministre de la santé à la Chambre des conseillers.

La présentation de Louardi a débuté par des définitions générales et très larges sur la santé procréative, notamment celles retenues par l’Organisation mondiale de la santé, avant de s’étaler sur les objectifs du plan ministériel. Les thèmes de la présentation du ministre furent agrémentés de données collectées par le Haut-Commissariat au Plan (HCP), et qui datent d’avant 2011 ! A croire que rien n’a été effectué entre-temps et que le ministère de la santé ne possède pas ses propres chiffres sur un secteur aussi sensible et vital que la santé.

Objectif : Se mettre au diapason avec la loi…

Ne l’oublions pas : la santé est aussi un droit ! Il s’agit pour le ministre d’arriver à terme à se mettre en légalité avec la Constitution et les différents traités internationaux dont le Maroc est signataire. Pour cela, toute une refonte du système de santé procréative est nécessaire. Par «santé procréative», il faut entendre la lutte contre le VIH, mais également contre les pratiques illégales de l’avortement et contre la mortalité infantile et maternelle. Car, selon le ministre, «il s’agit d’un réel problème de santé publique, qui en plus d’avoir une dimension sociale a également une dimension constitutionnelle et sur lequel il faut avoir le courage et la volonté de communiquer».

Des chiffres qui mériteraient d’être actualisés…

Si les objectifs pour 2015 paraissent ambitieux, les chiffres annoncés dans la présentation du ministre gagneraient à être actualisés par des données plus récentes. En effet, les statistiques communiquées datent d’avant 2011, ce qui biaise un peu l’analyse. Ainsi en 2011, le HCP avait estimé que 40,3% des femmes mariées bénéficiaient d’une bonne santé, à l’heure où à peine 28,3% pouvaient se targuer d’être en bonne santé en 2004. Mais ces bons chiffres ne doivent en aucun cas occulter tout ce qui reste encore à faire.
En effet, 12,9% des femmes mariées ont une santé encore chancelante. Un chiffre tenace que le ministre se donne pour objectif d’éradiquer. Et parmi les axes à développer pour y réussir, il s’agit de diminuer les disparités d’accès aux soins procréatifs entre le milieu rural et urbain.

L’âge moyen du mariage en hausse

Encore une fois, les chiffres du Haut-Commissariat au Plan sont repris «texto» par le ministre. Ainsi, l’âge moyen du mariage chez l’homme est répertorié à 31 ans et demi contre 26 ans et demi pour la femme. Un chiffre en hausse comparé à ce qui se faisait il y a une quarantaine d’années auparavant, où l’âge moyen du mariage était de 24 ans pour les hommes et de 17 ans et demi pour les femmes. A contrario, le taux de fécondité s’est, quant à lui, littéralement affaissé, et pas seulement en milieu urbain, mais également en milieu rural. Ainsi, il est passé de 7,20% (rural et urbain confondus) en 1962 à 2,19% en 2010 !

Les femmes en situation de grossesse consultent plus qu’avant

Bonne nouvelle : le nombre de décès des femmes à l’accouchement a nettement diminué pour sa part. En moins de 15 ans, il est passé de 332 cas en 1990 à seulement 112 en 2011. «L’objectif est de diminuer encore plus ce triste chiffre, pour le porter à seulement 83 cas en 2015», indique le ministre. En 2011, 77,1% des femmes en situation de grossesse ont bénéficié d’une consultation médicale (contre 33% seulement en 1990).

Selon Louardi, en 2015 ce taux devra encore s’améliorer pour atteindre les 90%. Le taux de contraception chez les familles marocaines a également évolué à 67,4% en 2011 (contre 42% en 1990). Le taux de mortalité  chez les enfants de moins d’un mois a également régressé, passant à 21,7% en 2011, contre 31% en 1990. Le ministre veut le descendre à 10% en 2015.

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