Bombe lacrymogène : Un gaz extrêmement dangereux pour la santé !

Bombe lacrymogène : Un gaz extrêmement dangereux pour la santé !

En cas d’exposition aux gaz lacrymogènes, le Centre antipoison du Maroc recommande d’éloigner la victime du lieu de l’application de l’aérosol. Il ne faut surtout pas se toucher le visage et se frotter les yeux.

Le Centre antipoison du Maroc (CAPM) tire la sonnette d’alarme sur les bombes lacrymogènes. Bien qu’étant interdite par la loi, elles continuent d’être vendues dans le commerce informel. Le CAPM a reçu 73 cas d’intoxication par bombes lacrymogènes durant la période de 2014 à 2016. Les intoxiqués ont présenté plusieurs symptômes : perte de connaissance, nausées, vertiges, dyspnée, et asphyxie. Devant le danger réel que représente ce projectile, le CAPM appelle les secteurs concernés, à savoir les ministères de l’industrie et du commerce, de l’intérieur, les services de douane et les autorités locales à prendre des mesures préventives en appliquant la loi en vigueur.

Une bombe lacrymogène est un projectile ou un récipient métallique contenant un gaz ou un liquide sous pression qui provoque un écoulement lacrymal. Le CAPM relève que quatre types de bombes sont disponibles : gaz, gel, poivre/piment et colorante. Elles existent sous plusieurs formes et tailles (stylo, porte-clés, lampe torche, rouge à lèvre, parfum…). Les gaz lacrymogènes les plus courants sont le 2-chlorobenzylidène malonitrile (CS), le chloracétophénone (CN) et le dibenzoxazépine (CR). «Ces gaz sont rapidement absorbés par voie pulmonaire et une grande partie est hydrolysée puis éliminée par les reins», indique le CAPM.

Ainsi, ils sont le plus souvent responsables d’irritations oculaires et respiratoires et peuvent avoir des effets plus généraux (nausées, vomissements, hypersialorrhée et hémorragies internes). Les effets à long terme sont de 3 types : l’effet mutagène et donc cancérigène des produits, l’effet tératogène : les femmes enceintes risquent d’avoir des enfants avec des malformations. Et enfin l’effet nécrosant : une pneumopathologie chronique peut s’installer et devenir irréversible. En cas d’exposition aux gaz lacrymogènes, le Centre antipoison du Maroc recommande d’éloigner la victime du lieu de l’application de l’aérosol. Il ne faut surtout pas se toucher le visage et se frotter les yeux. Il est fortement recommandé de se moucher et cracher, pour évacuer les produits chimiques. Selon le CAPM chaque professionnel de santé confronté à cette problématique doit suivre plusieurs mesures, à savoir surveiller les femmes enceintes de façon particulière et prévoir des radios pulmonaires à distance pour les personnes ayant présenté des atteintes pulmonaires.

Des peines de 1 mois à 1 an de prison

Au Maroc, les bombes lacrymogènes sont assimilées à un «engin suffocant» et sont, par conséquent, strictement interdites, en application des articles 303 et 303 bis du code pénal.

L’article 303 stipule : «Sont considérés comme armes pour l’application du présent code, toutes armes à feu, tous explosifs, tous engins, instruments ou objets perçants, contondants, tranchants ou suffocants». Quant à l’article 303 bis, celui-ci indique : «Sans préjudice des peines prévues en cas d’infraction à la législation relative aux armes, munitions et engins explosifs, est puni d’un emprisonnement de un mois à un an et d’une amende de 1.200 à 5.000 dirhams ou de l’une de ces deux peines seulement, quiconque a été arrêté, dans des circonstances constituant une menace à l’ordre public, à la sécurité des personnes ou des biens, alors qu’il était porteur d’un engin, instrument ou objet perçant, contondant, tranchant ou suffocant, si le port n’est pas justifié par l’activité professionnelle du porteur ou par un motif légitime».

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